09 octobre 2011
Setubal: deux muscats d'anthologie
Suite et fin de mes notes de dégustation des vins de Bacalhôa, avec deux moscatels de Setubal d'anthologie...
Un tout petit rappel sur l'élaboration, d'abord: il s'agit de muscat d'Alexandrie, ramassé à maturité, muté à l'alcool (le produit titre environ 17 degrés à l'arrivée, pour environ 130g de sucre jeune, mais aussi, et c'est plus original, élevé en vieilles barriques entre 5 et 10 ans selon les qualités. Et ces vieilles cuvées dépassent souvent les 200g de sucre.
Le chai à barriques de Bacalhôa
Moscatel de Setúbal 2005
Celui-ci est un millésime 2005, qui a passé 5 ans dans le bois.
Explosion de fruit au nez, confiture d'abricot mêlée d'épices (cannelle, notamment), mais aussi de quinquina, de foin, de rose fanée; en bouche, on part sur le café, l'abricot à nouveau, la frangipane. On en oublierait presque le sucre. On note par contre quelques jolies notes de vieux marc et une pointe d'acidité très bienvenue? Un vin qui se mange autant qu'il se boit, si vou svoyez ce que je veux dire... 17/20
A boire, à manger, à rêver...
Moscatel de Setubal "Moscatel Roxo" 1999
Ici, on a utilisé une variante rosée du cépage, le moscatel Roxo, qui délivre quelques tannins. Côté couleur, il n'y a guère de différence cet c'est le fut qui la donne, ces muscats ont la robe d'un vieil armagnac.
Le nez parait plus simple au premier abord, sur des notes de cognac, mais d'autres arômes prennent bientôt le relais, notamment de la poire mure, des dattes, des prunes, et puis ine belle brassée d'épices. Attention, nous sommes face à un vin multidimensionnel! Un vin qui nous emmène au tréfonds de notre bibliothèques sensorielle; je vous donne ma version, mais je suis sur que vous pouvez en trouver d'autres. En bouche, je pars sur les raisins de Corinthe, le moka et l'essence de fleur d'oranger, l'alcool est là, mais bien integré; il donne même un côté aérien à l'ensemble Le sucre ne domine pas, il se fond. L'acidité semble un peu plus élevée que dans le précédent, ce qui réveille les papilles. Grand vin d'amateur... à prix démocratique. 18/20
00:40 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, moscatel, muscat, setubal |



Commentaires
peut-on trouver ces vins en Belgique ?. Votre description donne furieusement envie d'y goûter !.
Écrit par : Philippe du Bois d'Enghien | 09 octobre 2011
Répondre à ce commentaireIndustrielaan 16-20
B 1740 Ternat
Tel: + 32 2 583 57 51
cambier.leon@vascogroup.be
Écrit par : Hervé LALAU | 10 octobre 2011
Répondre à ce commentaireNOGUEIRA & Cie (Belgium)
380 - 382 Chaussée de Jette - 1081 Bruxelles
nogueira@nogueira.be
www.nogueira.be
V.A.S.C.O SA/NV est l'importateur de la gamme Quinta do Carmo.
M
Écrit par : Madalena | 13 octobre 2011
Portugal : Moscatel Roxo de Setubal – Bacalhoa « Vinho Generoso » 1998
(100% Moscatel de Sétubal - un muscat rouge)
DS14,5 - PC14,5/15 - LG14,5 - MS15 - MF15,5.
Parfums de framboise, de zeste d’orange, d’abricots caramélisés pour un rancio qui rappelle celui d’un Jerez (mais le fond est bel et bien muscaté).
Bouche épaisse, desservie par un taux d’alcool trop important rendant la finale bien trop véhémente. Dommage car cela gâche durablement la nature de ces goûts, fort appréciables.
Écrit par : laurentg | 10 octobre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Hervé Lalau | 10 octobre 2011
Répondre à ce commentairePortugal : Moscatel Do Douro - Adega Cooperativa de Favaios NM - 17°
(100% Muscat)
DS16,5 - PC16- LG17 - MS16,5 - MF17 - EG15,5/16.
Nez résolument muscaté, éclatant de complexité et de pureté : marmelade d'orange, abricot sec, décoction de thym, de lavande, cire, quinquina.
Bouche tout en cohésion, raffinée, croquante, vigoureuse, brillamment mutée (17° annoncés). Fine, longue, propice à l'enivrement. Servir bien frais. On aura passé en revue pas mal de régions du monde (Italie, Afrique du Sud, Espagne, Crimée, ...) pour ce beau produit.
Écrit par : laurentg | 10 octobre 2011
Répondre à ce commentaireIl y a trois difficultés avec Setúbal : arriver à prononcer correctement ce nom, arriver à séparer le grandiose du quelconque, arriver à repartir une fois qu’on est dans la région. Ah, la beauté d’Arrábida et son petit brebis d’Azeitão; la douceur des sables de Palmela et ses excellents Periquita’s, le Sado et ses dauphins ...
Au-delà de la quantité d’alcool, il faut peut-être aussi évoquer sa provenance. Il existe des eaux-de-vie viniques de grande valeur aromatique – certaines viennent d’ailleurs des Charentes – et il existe de l’alcool de mutage horriblement brûlant. Toutefois, en dégustant les échantillons, on se rend compte à quel point un alcool trop « plaisant » pourrait modifier le profil du VDN, surtout pour un cépage aussi délicat que le muscat.
Écrit par : Luc Charlier | 11 octobre 2011
Répondre à ce commentaireMoi, ce qui m'a bluffé, c'est la capacité de vieillissement, et la complexité que ça prend da s des vieux fûts Ca a plus a voir avec des vieux portos, alors qu'avec des VDN. Même s'il reste un petit côté muscaté.
J'ai pensé à toi en les dégustant, Luc, car tu as été, sans t'en douter, celui qui m'a ouvert les yeux sur le Portugal, un jour que tu faisais une présentation à Bruxelles pour Luisa. Ca ne nous rajeunit pas, évidemment. Mais j'ai encore un JM da Fonseca 1985 dans ma cave.
Écrit par : Hervé Lalau | 11 octobre 2011
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