07 octobre 2011
La petite musique des vins nature, selon Andrew Jefford
Je goûte de plus en plus la prose d'Andrew Jefford sur le site de Decanter. Et ce, bien que notre premier contact ait été plutôt conflictuel: d'un titre racoleur, dont Andrew n'était même pas l'auteur, j'avais conclu l'an dernier qu'il mettait tous les chardonnays australiens au dessus de tous les bourguignons - vous comprenez dès lors ma fureur.
Nous nous en sommes expliqués, il a admis l'erreur, et j'ai admis ma méprise. Depuis, je suis ses chroniques avec attention. Je ne suis pas forcément d'accord sur tout, mais j'adore sa finesse dans l'analyse et sa force dans l'expression.
J'en veux encore pour preuve ce passage sur les vins nature, où il introduit une très belle métaphore: celle de la musique.
"Bach, for example, never wrote for the modern piano, so his great keyboard works would first have been heard on the harpsichord, clavichord or organ.
In the 18th century, flutes were wooden and brass instruments had no valves; singers used little if any vibrato; concert pitch was different. In one sense, that’s what natural wines are: a deliberate return to a pre-development past.
Period performance sounds odd, and sometimes even discordant at first – but once the hearer has re-tuned his or her ears, a new, expressive world is opened.
So too with the best natural wines: they reveal a landscape of aroma and flavour few of us alive today ever previously had the chance to enjoy. They make interesting noises. We owe them our indulgent attention".
Attention, Andrew n'est pas un inconditionnel des vins nature. Il est même assez critique vis à vis ceux qu'il taxe d'"over-indulgence".
Mais au moins, il ne rejette pas d'emblée, et même, il est prêt à tendre l'oreille, ou plutôt, la langue, et même à la tourner plusieurs fois dans sa bouche pour essayer de comprendre.
J'aime ce genre d'attitude.
Au détour de son article, je lis aussi qu'Andrew estime que les vins nature ne seront pas qu'une mode, qu'ils sont là pour durer.
Je le pense aussi et d'une certaine façon, je m'en félicite, car je suis convaincu que comme dans tout phénomène qui dure, une sélection des opérateurs va se faire; je parie donc que les approximatifs vont disparaître ua profit des professionnels. Parce que le véritable engagement est un gage de professionnalisme.
Pour lire le reste, voir ICI
00:27 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : vin nature, vin, vignoble, jefford |



Commentaires
Et surtout : qui va contrôler du début à la fin que seule la nature a joué un rôle dans le produit mis sur le marché ?
Faut-il vraiment, d'un coup de crayon, effacer tous les apports des deux derniers siècles ?
Bref, les deux mondes doivent coexister sans vaines discussions d'apothicaires. Ou le vin est bon ou il ne l'est pas. Point.
Écrit par : mauss | 07 octobre 2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Iris | 07 octobre 2011
Répondre à ce commentaireSinon, que dire d'autre...j'ai participé à des dégustations de vins "sans sulfite ajouté" vraiment très peu convaincantes...Jusqu'à preuve du contraire, je continue à croire que l'art est dans l'utilisation du SO2 avec parcimonie....Le vin est un produit vivant (bactéries et enzymes!), donc par nature très très fragile!Mais bon, je suis un "rationnel"
Mais, j'ai quand même peine à croire que les goûts déviants (Off tastes) engendrés par un manque de stabilisation du vin deviennent des arômes subitement appréciés par les papilles gustatives.....mais, sait-on jamais? Il est vrai que si avait fait une étude de marché basée sur des tests gustatifs sur le Coco Cola dans les années 50.....on ne l'aurait probablement jamais lancé....!!!!!!
Écrit par : Gosselin Jean Noël | 07 octobre 2011
Répondre à ce commentaireCordialement
Écrit par : temps | 08 octobre 2011
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