30 septembre 2011

69.970 exploitations viticoles en France

C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.

Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.

Deux petits commentaires de mon cru:

1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.

2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.

Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.

La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.

J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.

 

29 septembre 2011

Au Liban, le vin redevient à la mode

Un ami oenologue, Eli Maamari, qui travaille pour le fameux château Ksara (le patriarche des vins au pays du cèdre), m'a amené à m'intéresser aux vins du Liban. Il faut dire que mon premier contact, le Prieutré de Ksara, dégusté lors des Sélections Mondiales de Québec en 2009, à été plus que probant. Ces gens savent faire du vin.

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Aujourd'hui, ce vieux pays de la vigne (celui de Noé, selon la tradition) semble attirer tous les regards. Au côté des grands anciens comme Ksara, Musar ou Kefraya, on trouve bon nombre de nouveaux venus. Parmi eux,  des hommes d’affaires connus pour d'autres activités, comme Carlos Ghosn, le Pdg de Nissan-Renault.

Libanais d'origine, celui-ci s'est lancé dans l'aventure en 2007 dans la ville de Jezzine, où a été créé un domaine de 66 hectares, sous le nom d’Ixsir. Il a pour consultant de luxe  Hubert de Boüard, du Château Angélus (Saint-Emilion).

Les vignes sont réparties entre Batroun, au Nord du pays, Jezzine au Cud et les coteaux de la Békaa. Cultivées suivant les principes de l'agriculture raisonnée, les parcelles accueille aussi bien du cabernet sauvignon que de la syrah, du tempranillo, du caladoc ou encore du merlot (un cépage dont de Boüard est familier). Le premier millésime est sorti en 2009.  Je n'ai pas encore y l'occaion d'y goûter. Je ne me prononcerai donc pas.

Mais sans préjuger de l'intérêt des vins, l'arrivée de grands hommes d'affaires (on pourrait aussi citer les Saadé, à Château Marsyas) démontre que le vin est à la mode, au Liban.

Souhaitons que la filière puisse se structurer et parvenir à comuniquer de manière efficace. Dans un pays aussi complexe, où certains responsables politiques pronent toujours l'interdiction de la consommation du vin (mais dont la base électorale comporte de nombreux apporteurs de raisins), ce n'est pas une mince affaire.

Au fait, le 28 octobre prochain, les vins du Liban dégarquent à Paris. J'y serai, et je vous raconterai.



00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Histoire | Tags : liban, ksara, ixsir | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |