25 août 2011

Crémants d'ici et d'ailleurs

Le directeur de la Fédération française des Crémants, Olivier Sohler, pense qu'il est temps pour les Crémants de revendiquer leur propre identité et de s'abstenir de toute comparaison avec le Champagne, par exemple.

Il a mille fois raison. 

Mais de quelle identité parle-t-on? De l'identité alsacienne, ou jurassienne, ou encore bourguignonne?

Pourvu en tout cas que ce ne soit pas celle du Crémant de Bordeaux, dont je me demande bien ce qu'il vient faire dans ce «club». Il paraît que pour y rentrer, dans ce «club», il faut prouver une antériorité, une tradition de la bonne bulle. Je cherche toujours celle de Bordeaux, qui n'a ni l’expérience, ni les cépages pour en faire, au point qu'on lui a en a rajoutés pour lui permettre d'en faire. 

A ce compte-là, demain, ce sera peut-être le tour de la Provence?

Au fait, n'oublions pas le Luxembourg, qui lui, fait déjà partie du «Club». Et demandons-nous au nom de quoi quelque Sekt régional allemand ne pourrait pas s'y ajouter (de Baden ou de Pfaltz, par exemple, eux ont l'antériorité). Sans oublier la Tchéquie ou la Suisse. Ou encore, dans quelques années, qui sait, les effervescents du Kent ou de Belgique...

Comment peut-on postuler? A qui envoyer le dossier? Il y a-t-il cooptation?

Peut-être serait-il plus logique d'accueillir d'abord le Saumur et le Vouvray, par exemple. Mais s'y intéressent-ils? Quelle serait la plus-value? Quelles seraient les contraintes? A combien se monteraient les cotisations? 

Et pourquoi tant de producteurs, même en Loire, où ils ont tant de belles appellations de bulles, se mettent-ils à faire du mousseux sans indication de provenance? Jusqu'à Bouvet-Ladubay, récemment, avec sa Petite Bulle, dont j'attends toujours la composition.

Vous savez, M. Sohler, pas mal de consommateurs se fichent peut-être bien de savoir ce qu'est vraiment un Crémant. Mais si aux journalistes, on envoie des dossiers tendant à prouver la grande exigence du cahier des charges des Crémants, alors de deux choses l'une, ou on applique le cahier des charges, partout et en tout point, ou bien en s'expose à ce que les communiqués finissent à la poubelle.

Vive le bon Crémant... quand même!

 

 


Commentaires

Mon cher ami, je suis d'accord avec toi, mais je te pose une question.
Pourquoi tu pense, paradoxalment, que dans le Club du Crémant puissent entrer "quelque Sekt régional allemand. Sans oublier la Tchéquie ou la Suisse. Ou encore, dans quelques années, qui sait, les effervescents du Kent ou de Belgique.." et ne pense pas aux "metodo classico" Docg et Doc italiens, tels que Franciacorta Docg, TrentoDoc, Alta Langa Docg?
Je t'assure qu'il sont beaucoup mieux des terribles Crémants du Luxembourg... :)

Écrit par : Franco Ziliani | 28 août 2011

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Bien sûr, mais l'Italie a déjà ses appellations de bulles, le Prosecco, et surtout le Franciacorta et je ne les vois pas demander aux français d'entrer dans leur club... D'ailleurs, le Cava ne l'a pas fait non plus.

Écrit par : Hervé Lalau | 28 août 2011

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Habemus bullas !

Ma, tou n’oublies pas, Franco, qué l’Italia c’est le païs dou Papa. Alors, pour les boulles, vous êtes les piu forts !

Écrit par : Luc Charlier | 28 août 2011

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