25 juillet 2011

Facile à produire, le rosé?

Dans le dernier numéro de la Revue du Vin de France, Philippe Maurange affirme, à propos des vins rosés 2010 de Provence et de Corse: "Le rosé est un vin facile à produire et rémunérateur".

Voila deux adjectifs fort discutables, à mon humble avis.

Et vous, amis producteurs de rosé, qu'en pensez-vous?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Corse, France, Provence | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |

Commentaires

Pas si sûr

Parle-t-il des rosés de Provence et de Corse en particulier, ou des rosés en général ? Je ne suis d’ailleurs pas certain que la région y change quelque chose. Parmi les rosés, il y en a de plus en plus qui charment l’amateur exigeant, qui expriment une personnalité réelle et qui dépassent le stade du vin-rafraîchissement.
. Je peux témoigner en tout cas du cheminement long et laborieux qu’ont suivi les vignerons du Bandolais (c’est aussi la Provence) pour arriver à produire le vin qu’on connaît maintenant. J’ai passé jusqu’à 3 semaines par an sur l’appellation – toute petite pourtant – pendant une grosse quinzaine d’années. Ils s’en posaient, des questions : sur l’intensité de la couleur, sur les cépages à utiliser, sur le style à adopter, sur le prix à pratiquer ...
L’exemple que je connais le mieux est celui du Domaine Le Galantin, au Plan-du-Castellet. C’est Céline, la fille de la maison, qui le vinifie et sa part dans le volume produit est devenue très importante, contribuant largement à l’équilibre financier. Elle utilise tous les cépages mis à sa disposition, y compris les très beaux cinsaults du domaine, et le raisin est de qualité irréprochable, vendangé juste quand il faut. La vendange est refroidie, très refroidie – la mode est aux rosés hyper-clairs, mais ce n’est pas désagréable non plus – puis pressurée et mise à débourber soigneusement. Puis, on vinifie en sec, bien sec. Après on élève et on assemble, en discutant, en dégustant, en prenant les avis. Je ne dévoile ici aucun « secret de fabrication » : d’abord, il n’y en a pas, ensuite, je ne m’en sentirais pas le droit. Si vous trouvez cela « facile », moi pas. Les vins de Céline sont fins, élégants, droits, frais .... Pour arriver à cela, il ne faut se tromper à aucune étape et on a besoin de beaucoup de frigories. L’élevage d’un vin rosé est certes plus court que celui d’un rouge, mais pour le reste, cette couleur demande sans doute plus de moyens techniques, plus de soins et un grand talent.
Mon inculture crasse et aussi un relatif manque de temps (10 ha dans une structure de « one man winery) pour lire la presse grand public font que je ne sais pas si Philippe Maurange est aussi vigneron à ses heures. Si c’est le cas, je l’incite à produire du rosé, un grand rosé, ne serait-ce qu’une seule fois dans sa vie ! Il nous dira alors si c’est facile.
. Plus humblement, mes 1500 à 2000 bouteilles annuelles de rosé – quand la grêle ne s’en mêle pas – ne se livrent réellement qu’une fois la mise faite. Avant, il m’est très difficile de savoir exactement que penser. Au contraire, pour les rouges, je devine comment sera la cuve dès que le raisin entre dans l’égrappoir, sauf accident bien entendu.

Écrit par : Luc Charlier | 25 juillet 2011

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A mon humble avis aussi.....Quant on voit l'engouement des bordelais à produire du "clairet" et ceux de Bandol à produire davantage de rosé au détriment du rouge...il y a en effet fort à parier que c'est le "jackot" pour la trésorerie (pas d'élevage en barriques, vin vendu au printemps suivant, pas d'immobilisation d'actifs,récup des baies légèrement pressées....etc)

Écrit par : Gosselin Jean Noël | 25 juillet 2011

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Le rosé est un vin à part entière, caviste dans le pays d'aix je peux vous affirmer qu'il représente une très grosse partie de nos ventes. Alors a-t-il autant de complexité, de charme qu'un vin rouge ou blanc? je n'en suis pas si sur. Le rosé est avant tout un vin technologique, un vin comme disent certains "d'oenologues".Il est à boire dans l'année et à très peu de potentiel de vieillissement. c'est un vin de plaisir, de convivialité .
ce qui me gêne c'est l'uniformisation du gout. Quasiment tous ont la robe très pale, rare sont ceux qui ne sont pas fermenté sans levures sélectionnés. les rosés qui sortent de ce cadre sont très difficile à vendre et pourtant il sont tout aussi intéressant à boire et pour certains bien meilleur.
la seconde chose qui me gêne, c'est la proportion de rosé produit en Provence. Bandol qui est avant tout une appellation de vin rouge, une oùl'on trouve les vins les plus intéressant, les plus profonds, je n'ai qu'a pensé à tempier ou pibarnon, deux grands du sud. le constat est qu'aujourd'hui 60% de la production de vin est consacré au rosé, les encépagements de rouge diminue et donc la qualité avec. cela me désole car la Provence peut être un très grand vignoble mondiale. Phillippe maurange voulait surement dire que le rosé est plus aisé à commercialiser, la production dure beaucoup moins longtemps, le stock est vendu dans l'année ce qui est très rémunérateur. voila pour mon avis

Écrit par : LARRIEU Romain | 25 juillet 2011

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C'était vrai il y a dix ans, c'est moins évident et un raccourci facile aujourd'hui. En effet, tous les vignobles s'y sont mis et ont fait progressé ce vin convivial dit de "soif" qui séduit de nouveaux consommateurs car il casse les codes traditionnels. Il a aussi l'avantage pour le vigneron de ne pas vieillir en cave, de se vendre rapidement et sans pratiquement de stock. Donc, il n'immobilise pas d'argent et est rentable à court terme. Ce qui, en temps de crise, est un avantage indéniable pour le vigneron indépendant qui n'est pas soutenu par un groupe d'assureurs ou de banques.

Écrit par : Duteil christian | 31 juillet 2011

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