02 août 2011

Beaucastel et moi, et moi

"Coco, et si tu nous faisais quelque chose sur Beaucastel, pour la rubrique Icones?", m'a dit en substance mon rédac-chef d'IVV, Philippe Stuyck. Voila le genre de propositions qu'on ne refuse pas.

 Ce qui me fait penser que si vous avez quelques expériences vécues avec Beaucastel je serais curieux de les connaître. Je compte sur vous. A quoi ça sert que Ducon se décarcasse si c'est pour que ce soit toujours lui qui dise, et pas vous. On dit que que les blogs sont interactifs... Alors prouvez le moi!

En attendant ce jour, Coco s'est empressé de réclamer deux bouteilles de son nectar à Mathieu Perrin. "Le dernier millésime à la vente, et puis un millésime fait, au choix", que je lui ai demandé.

beaucastel,vin,vignoble,châteauneuf du papeBeaucastel, 2001 et 2008

Lundi dernier, je les ai reçues par la Poste.

Et comme je n'aime pas boire tout seul, et que je sais qu'il ne recule jamais devant l'ascension d'un sommet du  Rhône (face Nord ou face Sud), j'ai apporté mes deux bouteilles chez Marc Vanhellemont, pour qu'on les déguste ensemble.

Au moment de mettre mon nez dans le verre, j'ai eu comme un petit frisson. J'ai toujours un peu peur avec les grands vins, les grands noms. Et si c'était pas très bon? Etsi c'était tout juste correct? Et si je passais à côté?
Il y a des vins desbrouffe,  des réputations surfaites. Il y a aussi un autre problème: à force de boire des vins jeunes et sur le fruit, à boire hier, on finit pas ne plus trop savoir comment goûter les grands vins de garde. C'est d'ailleurs quelque chose qui m'épate sur le net, sur le sites comme la Passion du Vin ou le GJE: les gens qui boivent de vieux millésimes de grandes étiquettes. Je dis chapeau, car c'est un pan de culture du vin que nous, les plumitifs professionnels immergés dans l'actualité du vin, n'avons pas si souvent l'occasion de commenter. Enfin, je parle pour moi.

Mais j'ai eu tort de m'en faire. L'ascension s'est bien passée. Pour le 2008, on a atteint le camp de base en quelques  secondes à peine. Pour le 2001, on a pris un peu plus de temps. Mais c'était pour faire durer le plaisir - un plaisir rare, celui des arômes 2 3/4. Ben oui, entre les arômes secondaires et tertiaires, quoi... Et oui, l'allusion à un certain petit sorcier est délibérée... Car il y a de la magie dans ces vins. Magie de l'assemblage, magie de l'élevage, des justes proportions, du beau et du grand, du vivace et du racé.

Mes notes, vous les aurez dans le prochain IVV - ben oui, faut bien que je vive, vous ne croyez quand même pas que c'est ce blog qui assure mon fastueux train de vie?

En attendant, moi qui suis souvent déçu par les icones, par les institutions du vin, je peux déjà vous dire que là, j'ai apprécié. 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : beaucastel, vin, vignoble, châteauneuf du pape | Lien permanent | Commentaires (11) | | | |

Commentaires

Castelpamal

Beaucoup d’encre a coulé sur les vins de Beaucastel et sur leur style. Je m’interdis à présent de commenter la « concurrence », quoique ce terme fût très prétentieux dans mon cas. Je n’ai – ni ma région dans son ensemble – pas du tout la notoriété, la clientèle et le savoir-faire de cette marque. Toutefois, une de mes affirmations récurrentes est : « Dans l’Agly, nous avons le potentiel pour élaborer des vins rouges semblables à ceux de CNP, avec un peu plus d’élégance (le schiste !). ». Cela n’engage bien sûr que moi.
Quand tu passes – car tu vas passer, n’est-ce pas - nous pourrons ouvrir des 1986 ou 1988. Je possédais des cuvées « Hommage à Perrin » de 1990, mais les ai « cédées » à un restaurateur en vue lors de mon exil volontaire, soucieux de récolter autant de pépettes que possible pour mon aventure.

Écrit par : Luc Charlier | 02 août 2011

Répondre à ce commentaire

Luc,

J'ai bu il y a qq années un formidable Clos des Fées VV 1998 qui m'a vraiment fait penser à un auguste châteauneuf !

Verticale de Beaucastel et Hommage à Jacques Perrin
http://invinoveritastoulouse.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=122:20060609-verticale-de-beaucastel-et-hommage-a-jacques-perrin&catid=46:thematique-domaine&Itemid=58

Écrit par : laurentg | 03 août 2011

Répondre à ce commentaire

Pour ma part je connais bien mal cette maison, je n'en ai pas trop goûté ces dernières années, étant plus classique Vx Tél, extatique Rayas, ou même simply Tinel.

Par contre l'an passé, avec quelques clients ont à voulu les voir en blanc et avec un peu de bouteille les Beaucastel...et ça ne nous a pas conquis.
Bu 1999 et 2000, des vins avec beaucoup d'évolution et d'oxygène (malgré la bonne cave qui veillait dessus depuis longtemps), un manque de pureté. Par contre le végétal était pregnant et la puissance au rendez-vous, il manquait l'équilibre.

Pour ceux qui veulent en goûter un peu plus http://secretsepicure.blogspot.com/2010/09/diner-rhone-beaucastelrayas-pour-la.html

Écrit par : Antoine MANTZER | 03 août 2011

Répondre à ce commentaire

Le Grand Tinel n’est pas « simply ». Je connais Elie jeune depuis plus de 20 ans, et ses vins depuis 1976 (avec un 1978 GRANDIOSE). Et son fils travaille dans le même esprit.

Écrit par : Luc Charlier | 03 août 2011

Antoine,

Ouvert Rayas 2004 au débotté sur des truffes en janvier 2009 et il a mis tout le monde d'accord.
Bu Rayas 2000 début juillet : c'est un formidable vin, un châteauneuf à nul autre pareil.

De manière générale, je trouve les vins de Voge sans grande typicité (et sans intérêt).

Écrit par : laurentg | 03 août 2011

Répondre à ce commentaire

Antoine,

Rayas 2004 et 2000 rouges sont magnifiques.
Je n'aime guère les vins de Voge, très peu typés, ne ressmblant pas à grand-chose.

Écrit par : laurentg | 04 août 2011

Répondre à ce commentaire

Vous n'êtes pas difficile , Rayas , Beaucastel ... il y en a d'autres maintenant . Il y a 2 ans lors de mon intronisation dans le grand cercle , des échansons à Châteauneuf , nous avions tous critiqués un
vin rouge offert par un membre , vin dégusté à l'aveugle , c'était du
Beaucastel 2003 . Mais c'est vrai que je ne suis pas un fada de ce
Châteauneuf surfait , de Pub et autres articles - je ne suis pas un buveur d'étiquette .

Écrit par : Roger Liégeois | 04 août 2011

Répondre à ce commentaire

Mr Charlier, quand j'évoquais le côté simply de Tinel, c'est plus un ultra-raccourci et une question de tarif agréable auxquels je les aies touchées ces dernières années. Je trouve également ça très bien dans cette gamme, j'en ai d'ailleurs un petit paquet en cave et en boit assez souvent, contrairement aux autres grands noms cités.

Cependant cela reste objectivement bien plus simple que Rayas qui est tout de même quelque chose d'assez incroyable, comme le dit laurentg. Et mon détour par la propriété en début d'année et l'heure passé en tête à tête avec E.Reynaud et ses vins est un immense moment de ma vie de dégustateur.
Pour ceux qui sont pas saoulé de lien, j'en remet une couche
http://secretsepicure.blogspot.com/2011/02/e-reynaud-veritas.html

Écrit par : Antoine MANTZER | 04 août 2011

Répondre à ce commentaire

Laurentg pour ce qui est de Voge, j'aime personnellement le côté "sérieux" dans les jus (en général) et des vins qui donne à voir l'appellation, sans trop de surprise il est vrai.

Il est sûr que dans chaque appelation qu'ils présentent j'ai d'autre Domaines de prédilection mais je ne m'interdit pas pour autant de les faire servir (rarement seuls il est vrai). Et puis comme tout, c'est aussi une question de rencontre et de feeling , et d'un peu de "rentabilité" aussi pour certaines de mes prestations.

Écrit par : Antoine MANTZER | 04 août 2011

Répondre à ce commentaire

Rayas, bien sûr.


Je pense qu’on est tous d’accord sur Rayas (et Fonsalette aussi). C’est mon CNP préféré (grenache, héhé !!!!). Du temps où il gérait « Les Vins du Rhône » à Liège, Pierre Ghyssen nous avait permis d’en faire une verticale, avec notamment 1964, 1971, 1976, 1978 et 1990.
Je signale aux amateurs que les CNP de 1978 ont pour la plupart des arômes de cassis (voire même cassissine) sensationnels (Grand Tinel aussi p.e.). Bon, voilà pour la participation de Léon au grand concert de « et moi j’ai bu cela, euh, nanana, euh ! ».

Écrit par : Luc Charlier | 04 août 2011

Répondre à ce commentaire

Roger,

Beaucastel m'a également paru un peu en difficulté sur un millésime épineux come 2003.
C'est un encépagement particulier qui distingue ce vin (mourvèdre).
Essayez de déguster un 1990 aujourd'hui ...

Vous êtes un buveur de quoi ?

Écrit par : laurentg | 05 août 2011

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.