19 juillet 2011
Reflets de défiance
Au sein de l'offre particulièrement large des produits "maison" des magasins Carrefour, la marque Reflets de France défend les produits de terroir, les recettes de la Frannsse profonnnde. C'est là sa promesse, son positionnement, sa crédibilité. On y trouvait même naguère des vins et des liqueurs. J'ai notamment souvenance d'un joli Floc de Gasgogne à cette marque.
Les étiquettes, sépia, nous renvoient aux temps bénis de nos grands-mères, quand les produits avaient du goût, les cuisinières un tour de main, où ce qui se faisait ici ne ressemblait pas à ce qui se faisait ailleurs. La France des cantons ruraux, des villes typiques.
Reflets de France, c'est donc l'ancrage local; et d'ailleurs, pour aider les clients qui auraient oublié leur cours de géo, Carrefour a mis sur l'étiquette une petite carte de France où un triangle bleu indique la provenance du produit. Pour la ratatouille niçoise, par exemple c'est Nice, tout en bas à droite.
A Nice, qu'ils disaient...
Sauf que quand on regarde sur la contre-étiquette (pour peu qu'on ait de bons yeux), on s'aperçoit que le produit est fabriqué... à Castelnaudary.
Pour ceux qui ont non seulement oublié leur cours de géo, mais qui ne connaissent pas trop la gastronomie non plus, Castelnaudary se trouve dans l'Aude, et c'est la capitale... du Cassoulet.
Au fait, fort à propos, Viamichelin nous précise que la distance entre Nice et Castelnaudary est de 517km. Pas vraiment la porte à côté.
Alors, de qui se moque Carrefour, ou plutôt, Reflets de France?
Je sais bien qu'on peut faire de la ratatouille niçoise à Pékin comme à Nice, il ne s'agit pas d'une appellation d'origine, pas plus que le Camembert (sauf le Camembert de Normandie AOP), le Gruyère (sauf le Gruyère Suisse AOC) ou le yaourt au goût bulgare.
Il n'y a donc rien d'illégal pour Carrefour à vendre de la ratatouille audoise. Mais quid de la promesse de Reflets de France? Et quelle est la logique de cette "délocalisation" pour une marque qui vante le terroir et les fournisseurs locaux?
Et pourtant...
Demain, quand je verrai cette marque, ce sera pour moi Reflets de Défiance.
Alors je lance ici un appel solennel au responsable de ces gammes: pour votre ratatouille niçoise, s'il vous plaît, achetez niçois, ou au moins provençal... Je peux vous donnez quelques adresses. A défaut, changez le triangle sur l'étiquette et mettez le sur Castelnaudary. Ce sera ridicule, mais au moins, ce sera exact.
Et en attendant, Madame ou Monsieur le Responsable, je ne sais pas trop si je dois rire ou m'indigner. Rire de votre ignorance, au cas où vous n'auriez même pas remarqué la différence entre Nice et l'Aude; m'indigner de votre indifférence, au cas où vous auriez passé outre, en vous disant que le consommateur s'en fiche.
00:06 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Provence, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|



Commentaires
Tu sais, derrière chaque carrefour se terrait un bandit de grand chemin du temps de Mandrin. A présent, c’est dans le conseil de direction de Carrefour que tu retrouves les bandits. Souvenez-vous de leur PDG remercié pour incompétence mais qui partit avec un « golden handshake » équivalent à 52 années de salaire d’une caissière de l’enseigne !
Plus intéressant, 3 cassoulets qui valent REELLEMENT le détour à un jet de pierre de Castelnaudary :
. Les Dodines, 19 Quai du Port dans la ville même. Une petite terrasse au bord du canal du Midi où vous demanderez Gigi, la patronne, de ma part et de celle de Christine. Elle est aussi spécialiste de la ratatouille audoise !
. Le Relais de Riquet, à Ségala (hameau de La Bastide d’Anjou). Une autre terrasse au bord du canal du Midi où le chef, Pascal, prépare tout lui-même avec l’aide de son épouse et du papa ... y compris une carte des vins formidable à prix très doux. Faut dire qu’il était jusqu’à l’année passée le sommelier de mon adresse suivante.
. Hostellerie de la Pomarède à ... la Pomarède, tout en haut du Lauragais. Gérald Garcia, étoilé Michelin depuis près de 10 ans (une grande table tout en finesse et en saveurs du terroir), ne craint pas de proposer à son « Menu du Château » sa version du cassoulet dans les grès de la poterie traditionnelle des frères NOT (attention à l’orthographe). En plus, les chambres du château sont splendides et le petit déjeuner majestueux. Diabétiques s’abstenir.
Voilà, vous pourrez dire que vous êtes bien renseignés. Vous avez eu .... vent de la chose, en quelque sorte.
Écrit par : Luc Charlier | 19 juillet 2011
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire