22 juin 2011

Premium Organic Cider, Dunkertons

Qu'est ce qu on peut boire à la Gare de Saint Pancras, à Londres, en attendant son train? Pour changer du vin, j'ai choisi un cidre. Un risque assumé.

Oui, il faut que je vous dise, habituellement, le cider anglais ne me plaît guère - pour moi, il ressemble souvent plutôt à la bière et sent à peine la pomme. Je parle des cidres industriels, des Strongbow, des Woodpecker, auxquels se limitaient jusqu'ici mes quelques expériences en la matière. Oui mais là, on proposait un "Premium Organic Cider" de la maison Dunkertons (Pembridge, Herefordshire). Alors j'ai craqué.

IMG_0418.jpgOrganic Cider

Un vrai cidre fermier fait avec de vraies pommes à cidre traditionnelles comme la sheep's nose, la brown snout, la foxwelp...
Résultat? A l'aveugle, j'aurais juré s'agissait d'un Fouesnant - le même petit goût d'argile derrière la pomme un peu amère, et  un soupçon de cet acidulé qui fait les meilleurs Cambremern aussi.

Mais quelle idée ai-je là de comparer ce cider avec des crus bretons ou normands: c'était un grand cidre anglais, tout simplement, et rafraîchissant en diable.

Comme quoi les voyages forment le goût!

00:55 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : cidre, cider, angleterre |

Commentaires

Hervé, les meilleures pommes dont je me souvienne ont été acquises sur un petit marché de producteurs se tenant à ... Chelsea, si si. Il y en avait plus de 50 variétés, allant d’une espèce de court-pendue (mes préférées) à des monstres de style golden delicious (si on veut !) ou granny smith, beurk.
Et chaque fois que tu arrives à boire du cidre anglais « fermier » à l’ouest de la grande île, tu te régales. J’ai parcouru des milliers de miles à moto dans ce coin-là à la fin des seventies et c’était ma boisson habituelle. Autre curiosité valant la peine, le Château de Pembridge lui-même – qui ne se trouve pas à Pembridge ! – et le splendide bétail viandeux de Hereford, des jolies rousses à tête blanche.

Écrit par : Luc Charlier | 22 juin 2011

Répondre à ce commentaire

Merci Luc, ça fait plaisir de voir qu'il y en a qui suivent!
Je trouve qu'on fait souvent de mauvais procès aux Britanniques, qui ont été historiquement les premières victimes de l'industrialisation de l'alimentaire, mais qui ont fait de gros efforts, aussi, pour préserver ce qui pouvait encore l'être, paysages, monuments, et produits fermiers, comme tu le dis très bien.
Le dossier noir de la malbouffe anglaise doit être réouvert et réinstruit...

J'ai demandé à Jim sa liste de ciders, aussi.

Écrit par : Hervé Lalau | 22 juin 2011

Répondre à ce commentaire

Pour ce qui est du pain, les Britanniques restent sûrement les champions dans la nullité : pas moyen de trouver un vrai pain cuit, rien que du « mushy-mushy » industriel partout. Mais la France est en train de rattrapper à toute allure : de moins en moins de boulangers, même quand il est marqué « artisan », et des « points chauds » partout. On se régale dès qu’on revient ... en Belgique. C’est un comble.

Écrit par : Luc Charlier | 22 juin 2011

Répondre à ce commentaire

Se pourrait-il que cela aille de pair avec le goût des Français eux-mêmes? La poule ou l'oeuf: on sacrifie l'artisanat parce que les gens ne font plus la différence ou c'est l'inverse.

Vous avez 4heures. Je ramasse les copies.

Écrit par : Hervé Lalau | 22 juin 2011

Répondre à ce commentaire

Non. Tu sais que j’entretiens une relation non pas amour/haine avec ton pays, mais bien complicité/agacement et je ne vous ménage pas (Qui bene amat etc....). Mais je rencontre encore PLEIN de Français, y compris parmi les jeunes, qui sont attachés aux bonnes choses, la bouffe comprise. La cause, une fois de plus, est à rechercher dans le capitalisme débridé.
Il y a sans doute moyen de gagner relativement bien sa vie en élaborant de bons produits (au sens large du mot « produit »), mais pour offrir un R.O.I. copieux aux actionnaires, il n’y a que la production de masse. Et celle-ci est incompatible avec la GRANDE qualité. Or, en France plus qu’ailleurs (merci Sarko), la parole est aux grands décideurs financiers. En outre, comme on veut étrangler dans l’oeuf les artisans, d’une part pour laisser la place aux industriels, mais aussi pour favoriser les fonctionnaires (= électeurs) chargé de les faire respecter, on élabore de plus en plus de REGLEMENTS, le mal français. Et une farine « améliorée » (tu parles) apportée par un livreur en chaussons (mon cul, oui) qui suit la « marche en avant » dans le « laboratoire » (on ne dit plus fournil ou pétrin ou atelier) passera mieux les tests qu’un bon épeautre bio en sac biodégradable livré au compte-goutte par un minotier artisanal. Et un four électrique rotatif satisfera mieux aux « normes » que le vieux four à bois en briques réfractaires.

Tiens, j’ai été animer une soirée de dégustation dans une adresse sensationnelle de la banlieue sud de Hasselt, le « Vous Lé Vous » (www.vouslevous.com). Le jeune chef Giovani Oosters (a fait ses classes chez Roger Souvereyns et au Hof van Cleve) et sa brigade y officient autour d’un piano monumental occupant tout le centre du restaurant (deux salles contiguës) et sert de passage obligé pour se rendre au salon et même dans les chambres. C’est rutilant de propreté et génère une ambiance extraordinaire. Impensable en France : il aurait l’hygiène, et les services vétérinaires, et la douane sur le dos ! A propos, on a très bien mangé.

Écrit par : Luc Charlier | 22 juin 2011

Écrire un commentaire