20 décembre 2010

C'est fou ce que les consommateurs ont mûri

Je vous parlais hier de cette AOC suisse supprimée par Berne. Et je faisais le parallèle avec notre pléthore de dénominations. Je rappelais aussi le projet du regretté René Renou, et de sa hiérarchisation des AOC entre AOC simples et "d'excellence".

A ce propos, je crois utile de citer la réaction de Jean-Benoît Cavalier, président du syndicat de défense de l'appellation Coteaux-du-Languedoc de l'époque (nous étions en 2004, autant dire, à la préhistoire). Celui-ci disait craindre "un système d'AOC à plusieurs vitesses pouvant créer la confusion dans l'esprit du consommateur".

Six ans plus tard, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Languedoc ne partage plus cette crainte. Celui-ci vient justement de rendre publique sa nouvelle fusée à trois étages: "Trois grandes catégories sont créées, à savoir l'AOC Languedoc, Grand Vin du Languedoc et Grand Cru du Languedoc. Ces deux dernières appellations apparaîtront sur les étiquettes dès 2011." C'est qu'on ne traîne pas, quand il s'agit de qualité.
Selon les responsables, "cette nouvelle classification des AOC des vins du Languedoc permettra aux consommateurs de faire leur choix et de réguler les prix".

De deux choses l'une. Ou bien M. Cavalier n'avait pas perçu le sens de l'histoire. Ou bien les consommateurs ont mûri; ils perçoivent beaucoup plus facilement les nuances et les différences de qualité que leurs aînés. Plus de risque de les "confuser". D'ailleurs, preuve de leur nouvelle sagacité: ils boivent moins. 

Maintenant, amis Languedociens, il ne reste plus qu'à donner un contenu à tout ça. Une vraie différence. Mais pas question, non plus, que l'AOC Languedoc simple devienne la poubelle des deux autres niveaux...

Je reviens un instant sur la régulation des prix. Dois-je comprendre, par exemple, que le hard discount devra se contenter de l'AOC Languedoc, et que les deux autres niveaux d'appellations s'interdiront ce genre de circuit de distribution?

Plus généralement, le CIVL aura-t-il un mandat de l'Etat pour encadrer les prix?

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vin, vignoble, aoc, languedoc |

Commentaires

Régulez, qu’ils disaient


J’ai participé (si on peut dire) à la dernière réunion d’information des douanes concernant le formulaire informatique pour les exportations, obligatoire à partir du ... 1er janvier 2011. C’était ubuesque. Le fonctionnaire – adorable et jouant bien le jeu par ailleurs – a failli se faire lyncher par la centaine de collègues (ou leurs délégués) présents. Rien ne marche, tout est archi-compliqué etc ... Je suis certain que cela va foirer dès le mois de janvier. En outre, c’est nous imposer à nous une surcharge de travail (celui de l’administration en fait) qui n’aidera certainement pas à l’export.
Quel rapport avec les AOC Languedoc, me direz-vous ? J’y viens.
Apparemment, lors de la réunion précédente – je n’y étais pas – Hervé Bizeul a expliqué en termes fermes aux douaniers qui émettaient plein de considérations sur le marché de l’export, qu’il acceptait de se soumettre aux règles (on est bien obligé) en vigueur, mais que ce n’est pas à eux de nous apprendre comment vendre notre vin. Lui, en tout cas, a montré qu’il savait le faire.
Mais nous avons compris depuis longtemps que les règlementations sucessives, au niveau des appellations ou au niveau de la fiscalité, nationales ou européennes, n’ont qu’un SEUL but : favoriser le développement de l’agro-alimentaire du vin. Lui seul peut se permettre le personnel administratif pour gérer la paperasse et lui seul souhaite l’uniformisation progressive des « produits ». Il va de soi que ce développement du vin-produit de masse entraîne de facto la disparition de la petite propriété.
Or, comme nos « élites » aiment le luxe, elles s’arrangeront pour qu’un petit nombre de vignobles de prestige (= de qualité ?) perdurent néanmois, mais au sein d’un grand groupe.
Il en va de même pour les triples macarons Michelin : avec les 35 heures par semaine, la disparition des paiements en liquide (et donc la possibilité de rémunérer « stillekezoûn » le personnel), les autres pressions fiscales ou sanitaires, il est de plus en plus difficile de les rendre rentables en conservant des tarifs non prohibitifs. Donc, aires d’atterrissage d’hélicoptères, chambres sur place à 400 € la nuit (ou plus), vins payés 5 fois le prix de la propriété et ... menus à plusieurs centaines d’euros.
La bonne bouffe n’est plus pour nous : « Circulez, il n’y a rien à digérer ! »

Écrit par : Luc Charlier | 20 décembre 2010

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Le consommateur a déjà difficile savoir pourquoi ,il y a deux Médoc : le Médoc et vin Haut Médoc .
Alors que les Vins du Languedoc il connait plus
ou moins . désormais maintenant avec les 3 sortent ?
plutôt que se poser des questions et il va acheter une autre appellation .

Écrit par : Liégeois Roger | 20 décembre 2010

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Le consommateur a déjà difficile savoir pourquoi ,il y a deux Médoc : le Médoc et vin Haut Médoc .
Alors que les Vins du Languedoc il connait plus
ou moins . désormais maintenant avec les 3 sortent ?
plutôt que se poser des questions et il va acheter une autre appellation .

Écrit par : Liégeois Roger | 20 décembre 2010

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