10 septembre 2010

Lustau East India Solera

Je rebondis sur les échanges de commentaires de mes amis Luc Charlier, David Cobbold, Alain Leygnier et Michel Smith, nourris de jazz et de bon vin. Au détour d'un post, ce dernier évoque Lustau et son East India Solera.

Magie du direct, au même moment, je reçois ce texte d'un autre complice, Marc Vanhellemont, qui détaille ce vin!

Sans plus lanterner, le voici (attention, côté affect, c'est du lourd)...

"L’ambre rouge de sa robe reflète quelques nuances marron et dorées dès le verre agité. Mais que sent-on, quels effluves s’exhalent à foison de cet obscur breuvage? Serait-il venu d’Orient chargé d’épices douces et piquantes, d’essences rares, de poivre de la côte des Malabars? Peut-on en boire, n’est-ce pas trop de voluptés réunies en un seul verre ? Dès la première gorgée, nous voilà transportés des amandes, figues sèches et noires olives hispaniques jusqu’aux confins asiatiques peuplés de parfums sucrés. 

 

Suave, il coule sur la langue qui s’alanguit dès l’orange confite goûtée, dès la pointe du moka perçue, dès la fraîcheur du citron comme par miracle ressentie. C’en est trop, fermons nos yeux et laissons jouir nos papilles.

Jadis les tonneaux de ce type de Jerez servaient de lest aux bateaux. Le roulis de la route des Indes les affinait et leur donnait ce parfum de soleil levant. Fait d’une majorité d’Oloroso coupé du liquoreux Pedro Ximenes, il titre 20° et appartient à la gamme des Cream." 

Lustau.jpg

 

 

09:31 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : vin, vignoble, xérès, jerez, sherry |

Commentaires

Demandez aussi à Bertho, il sait tout du vin « retour des Indes » - on disait parfois aussi « des îles ». Je pense qu’il a même lancé cette gamme. Dans un rapport publié il y a quelques années, il proposait en effet un plan de sauvetage pour les AOC françaises avec des barriques EMBARQUEES. Il s’en est fait l’écho sur son blog. On a failli le DEBARQUER d’ailleurs, à l’époque.

Et oui, tous ces « .... malbecs fabuleux, cab(ernets) en sac et (Palo)minto, carmenères à un franc, .... et les Mistral Gagnant » !

Pour Cream aussi, on vous suit : Tel le crapeau (clin d’oeil) au volant de sa NSU (clin d’oeil), où mes lentes mains (clin d’oeil) se prélassent au doux soleil de ton amour (clin d’oeil), la pièce toute blanche (clin d’oeil) se souvient d’un shériff assassiné (clin d’oeil) par Layla (clin d’oeil) sous l’effet de la cocaïne (clin d’oeil). Enfin, heureusement, elle n’a pas buté son adjoint !

Que c’est beau et clair, on dirait du Steiner !

Écrit par : Luc Charlier | 10 septembre 2010

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Et pour les aficionados: while his guitar gently weeps...

Hé oui, si la chanson est de George Harrison, la lead guitar, c'est Eric qui la tient sur ce titre.

Écrit par : Hervé Lalau | 10 septembre 2010

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Et pour « Desafinado », c’est qui ?


Je pensais que tu la ferais aussi.
(alternative : desamontillado, desapassado, desaficionado ...)
Je suis d’accord avec le texte :
« ... Se você insiste em classificar / Meu comportamento de anti-musical / Eo mesmo mentindo devo argumentar / Que isto é Bossa Nova, esto é muito natural »
et surtout : « Também bate um coração » !

Écrit par : Luc Charlier | 10 septembre 2010

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Saravah !

Écrit par : Michel Smith | 10 septembre 2010

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Sa, Cé bcp tro franco-françè pour mwa !

Je sais qu’il s’agit d’un label qui a publié quelques albums de musique latino (et notamment avec Galiano) et qui signe par ailleurs régulièrement Urtreger.

Galiano est un musicien talentueux, mais il me gonfle. Faut dire que j’aime pas trop l’accordéon, sauf à la sause (salsa !) argentine. Dans le département, il y a aussi le génial Jean-Paul Sire (famille des Sire du Domaine des Schistes à Estagel, je crois).

Et Urtreger, je le connais d’abord car il a accompagné Miles dans la bande son du film « Un Ascenseur pour l’Echafaud », et pour l’avoir entendu à Marciac (encore) avec Michelot (splendide son d’une basse cordée en boyau naturel, super-dure à jouer, respect).

C’est aussi le nom d’une école de Samba.

Je crois que c’est Carlos Jobim lui-même qui tient la gratte sur desafinado.

Écrit par : Luc Charlier | 10 septembre 2010

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J'aime tous les musiciens dont tu cause, Luc. Même Galliano (avec deux "l") Richard dans son admirable "Tango Pour Claude" sur le disque Viaggio, ou encore dans "Ruby My Dear" sur l'album du même nom avec Larry Grenadier à la contrebasse. À ta liste je rajouterai l'excellent Biréli Lagrene dont la musique "gipsy" est plus qu'utile en ces périodes d'exclusions de Rom. Si tu veux, je te fais un disque des deux. Mais dans mon "post" dernier, je pensais plus spécialement à Pierre Barouh, fondateur du label Saravah (souviens toi Francis Lai, Nicole Croisille, etc), un fou de Brésil comme tu le souligne - "peut-être le Français le plus Brésilien de France", chantait-il dans sa version de Samba Da Bênção ("une samba sans tristesse serait comme un vin sans ivresse"...). À écouter, plutôt à savourer pour mieux chavirer... Bonne cueillette !

Écrit par : Michel Smith | 12 septembre 2010

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