07 septembre 2010
Qui veut la peau des bios du Beaujolais?
Qu'on soit favorable au bio ou pas, on ne peut que ressentir de l'indignation à la lecture de ce post de Lilian Bauchet:
"Jeudi, mes vignes ont été contrôlées par le CIBAS. Le CIBAS est un organisme indépendant, agréé par l'INAO et mandaté par les ODG du Beaujolais pour contrôler l'adéquation des pratiques des viticulteurs aux règles de production des AOC.
L'ODG, c'est l'Organisme de Défense et de Gestion de l'AOC. Composés de professionnels de la filière, ils ont été créés après la réforme de l'INAO en 2007. L'INAO souhaitait à travers la création de ces structures redonner aux viticulteurs eux-mêmes la responsabilité du contrôle du respect des règles de l'appellation. Un contrôle par ses pairs, un "auto-contrôle de la profession" en quelque sorte. Si ce n'est que les ODG de notre région, en concertation avec l'INAO ont finalement décidé de transférer cette mission de contrôle au CIBAS, organisme qui existait antérieurement à la réforme et sur lequel s'appuyait déjà l'INAO pour réaliser ces contrôles...
Dans le Beaujolais, deux ODG ont été créés. Un pour les vins se revendiquant des appellations Beaujolais et Beaujolais-Village, un second regroupant les dix crus. Chaque ODG a constitué un plan d'inspection sur lequel le CIBAS s'appuie pour réaliser ces contrôles. L'inspection des vignes porte notamment sur la conformité de la taille aux règles de l'appellation, le respect des rendements autorisés à l'hectare, la densité de plantation et last but not least, l'entretien des sols...
Je n'avais pas été prévenu de la visite du CIBAS. "Visite inopinée", que la "législation" autorise. Le principe est sur le fond plutôt bon. On fixe des règles qui définissent le cadre de l'appellation. Il faut bien s'assurer que ces règles sont respectées par ceux qui la revendiquent.
J'étais en train de passer la débroussailleuse dans la parcelle qui se trouve devant la propriété quand j'ai aperçu quelqu'un dans mon clos. Il m'arrive de voir des gens se balader dans mes vignes mais dans le clos j'ai quand même trouvé ça étrange. Je me suis donc porté à la rencontre de ce "promeneur". Il m'informa qu'il travaillait donc pour le CIBAS et qu'il était chargé de contrôler l'état de mes vignes. Le clos est à ce jour la vigne où il me reste encore le plus de travail de désherbage. C'est la parcelle la plus proche de chez moi, planquée derrière ces murs. C'est la raison pour laquelle je la gardais pour la fin de mon travail de désherbage; je peux m'y rendre facilement à mes heures perdues.
Après une semaine de rotofil, mes autres parcelles sont à ce jour tout à fait présentables (c'est ce que je pense en tout cas!) et je vais pouvoir enfin m'occuper du clos. Malheureusement, lors de la visite, il y avait encore pas mal d'érigérons dans les rangs. Rien à voir avec la végétation du printemps mais quand même suffisamment de quoi susciter un sentiment "d'indignation" chez les viticulteurs conventionnels les plus zélés ...
Le gars était jeune viticulteur sur une commune voisine. Je l'informais que j'étais en bio (il ne le savait pas), que sans les herbicides c'était parfois compliqué de lutter contre l'herbe... Le CIBAS a le pouvoir de déclasser vos vignes s'il ne les juge pas conformes au cahier des charges de l'appellation. Les vins produits doivent être alors commercialisés en vin de table. Je tenais cette info de certains viticulteurs bios du Beaujolais, dont les parcelles avaient été déclassées parce qu'on avait jugé que trop de mauvaises herbes y poussaient. J'essayais de mesurer la capacité de tolérance de mon contrôleur en la matière. J'avais le tee-shirt trempé de sueur par quelques heures de rotofil sous un soleil de plomb. J'avais bon espoir qu'il compatisse....
Il me dit alors que l'herbe, il regardait, mais pas plus que ça, que ce qui l'intéressait, c'était de vérifier les maladies, les rendements, la taille. Que le mot d'ordre au CIBAS c'était d'être plus "tolérant" par rapport à l'herbe. A moitié rassuré par cette bonne nouvelle, je l'invitais toutefois à venir faire un tour dans les autres vignes qui jouxtent la propriété pour qu'il puisse juger de l'efficacité de mon travail de "débroussaillage". Il me répondit qu'il avait juste deux parcelles à contrôler dans le secteur. Mon clos et une petite parcelle au bout de la rue. Il se trouve que cette parcelle m'appartient également...
J'avais demandé à un collègue bio comment le CIBAS procédait aux contrôles des vignes. Cet organisme n'est pas bien sûr en capacité de contrôler l'intégralité du vignoble du Beaujolais. Alors, sur quel critère objectif se basait il pour choisir les vignes à contrôler ? "Sur recommandation" me répondit il laconiquement... A moins que le récit de mes aventures de néovigneron dans les vignes sur ce blog ait intéressé à ce point les gens du CIBAS qu'ils se décident à venir y jeter un œil de plus près !
Le soir-même je me retrouvais avec quelques bios du Beaujolais. L'un d'entre eux nous informa qu'il venait de recevoir suite à un contrôle inopiné du CIBAS une notification de déclassement d'une de ces parcelles pour mauvais entretien du sol ! La "tolérance" du CIBAS en la matière avait donc des limites... Il faut reconnaître que cette notification de déclassement n'était pas définitive. Le viticulteur peut effectuer les travaux d'entretien du sol attendus et solliciter un nouveau contrôle du CIBAS avant les vendanges afin de retrouver ainsi le droit à l'appellation si le CIBAS juge la parcelle à nouveau conforme à ses critères d'éligibilité. Mais les frais engendrés par ce deuxième contrôle sont à la charge du viticulteur et notre collègue refuse d'avoir à supporter quelque frais que ce soit dans la mesure où il estime que l'état de ses vignes n'enfreint pas les règles de l'appellation.
Quoi qu'il en soit, je ne comprends pas, qu'en 2010, on en soit encore à refuser le droit à l'appellation à un viticulteur au motif qu'il y a de l'herbe dans ces vignes. Qui aujourd'hui respecte le mieux son sol ? Qui réellement l'"entretient" ? Celui qui refuse l'emploi des herbicides et laisse la vie se remettre en mouvement dans ces sols, avec le risque de se faire déborder par une végétation luxuriante, ou celui qui créé le désert autour de ces ceps à l'aide de produits dont on sait désormais qu'ils polluent notre ressource la plus précieuse, l'eau des nappes phréatiques ? Si les choses évoluent, que nombre de viticulteurs conventionnels prennent conscience du danger des herbicides et en "raisonnent" l'usage ou se remettent à travailler les sols, il reste parmi eux des inconditionnels de produits chimiques, dont le sol des vignes à la vieille des vendanges présente un aspect lunaire. C'est ceux là que le CIBAS devrait sanctionner. Ceux aux sols exsangues et où je me demande, à chaque fois que je les vois, comment des ceps de vignes peuvent encore y pousser, non ceux dont les sols "fouillis" ne traduisent rien d'autre que le retour de la vie dans les sols. Et j'ajouterai non par provocation mais pour être exhaustif, qu'il en est de même dans les pratiques vinicoles. Qui peut le mieux se prévaloir de cette notion de terroir, ce socle sur laquelle se sont fondées les AOC ? Celui qui pratique une viticulture favorable au développement des levures indigènes du raisin nécessaires à la transformation du vin, où celui qui utilise des pesticides dont on connait maintenant l'effet limitant sur ces populations levuriennes, imposant l'usage de levures exogènes du marché uniformisant le goût du vin ?
L'INAO sait cela. Mais plutôt que de revenir aux fondamentaux, elle a préféré se débarasser de la patate chaude auprès des professionnels de la filière viticole en demandant la constitution des ODG. Et avec moins de 4% de surface en bio ou en conversion au niveau national, il va falloir encore du temps pour que la profession change ses critères de conformité aux règles des appellations. Règles dont les grandes lignes avaient pourtant été édictées dans les années 30, à un moment où la chimie n'avait pas encore fait son apparition dans les vignes et était peu utilisée dans les chais.
Les vignerons qui ont osé les premiers sortir des chemins battus se sont vus dans l'obligation de produire des vins de table. Ces vins rencontrent aujourd'hui un succès grandissant auprès des amateurs et ce n'est que justice. A tel point que si aujourd'hui tu ne produis pas des vins de table, tu es presque considéré par certains comme un has been... Je trouve cela dommage. Je m'émerveille de ces différences subtiles mais perceptibles entre mes Beaujolais-village et mes Fleurie 2009. Des vignes situées à moins d'un kilomètre à vol d'oiseau, conduites de la même façon, vinifiées en levures indigènes et sur le même mode opératoire. Mais au final deux vins différents et surtout typés selon leurs appellations, à ce que j'ai pu en juger à la dégustation des vins du millésime de pas mal de bios du Beaujolais. C'est cela le miracle des appellations définies par les anciens. C'est cela que les viticulteurs et leurs instances dirigeantes doivent défendre aujourd'hui, pour que les consommateurs retrouvent dans les vins la typicité à l'origine de la diversité de nos appellations.
J'espère en tout cas que ce contrôle du CIBAS sera sans conséquence. Nous verrons..."
Lilian Beauchet
"Est-ce ainsi que les AOC vivent", pour plagier Ferré? Est-ce ceci qui se profile derrière les l'oecuménisme de façade des interpros? Qu'on arrête de dorer la pilule des journalistes avec la prétendue solidarité vigneronne! Un petit "Biojolais" comme Lilian ne pèse pas lourd face aux négociants et aux coopératives, ni en termes de droits de vote, ni en termes de cotisation, ni en terme d'influence. Même s'il a raison.
Est-ce les bios qui portent atteinte à la qualité du Beaujolais? Pourquoi leur cherche-t-on des noises quand on se montre si complaisant avec les vrais fraudeurs, les sucreurs, notamment, que même Interbeaujolais a absout l'an dernier? La réponse est dans la question: il faut museler ces empêcheurs de médiocriser en rond; ils font de beaux boucs émissaires, et pendant qu'on s'occupe de leur cas, on ferme les yeux sur le reste. Avec un peu de savoir faire, on parviendra même à faire croire qu'on mène une politique de qualité.
En tous cas, voila une belle pièce à verser au dossier de la fameuse "auto-mission" Beaujolais de Jacques Berthomeau...
Pour que le Beaujolais reconquière les gosiers en France ou ailleurs, la qualité doit remonter. Les contrôles sont nécessaires. Mais des contrôles ciblés comme ceux-là, "sur recommandation", à la tête du client, non, non et non!
Que le CIBAS nous prouve qu'il traite tous les vignerons du Beaujolais, bio ou non, à la même enseigne. Et qu'il nous prouve qu'il lutte aussi contre la chimie qui annihile toute vie dans les sols. Mais suis-je bête, l'ODG n'a certainement pas mandaté le CIBAS pour ça...
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Isabelle | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireLa question n’est pas de savoir si les ODG contrôlent tout le monde (bio ou pas) de la même manière. Le problème est leurs critères même, leur financement, leur indépendance. Dans certaines appellations, c’est une structure commerciale de contrôle : ces gens-là (J. Brel) gagnent leur pognon en contrôlant et « suivant que vous serez riches et puissants .... »
Pauvre Beaujolais : il n’y a que les idiots ou les anosmiques pour ne pas l’aimer. Moi, un bon gamay, cela me met le coeur en joie. Mais à qui la faute ? Après 30 ou 40 ans de promotion du Beaujo nouveau (aime pas les vins primeurs), après l’élaboration de « trucs » de plus en plus fluides, dilués, amyliques, il y a un travail de reconquête à faire.
Avant que Régnié (rien contre, NB) ne devienne cru lui aussi, nous avions l’habitude en Belgique, dans les cercles d’amateurs (ai pas dit les club d’oenophiles, qui ne sont souvent – oh, hé, pas toujours, je sais – que des profiteurs), de faire des « soirées PVF » comme on fait des « soirées Tupperware » = Pain Vin Fromage. Chacun y apportait une miche de pain, un fromage et une bouteille d’un cru du Beaujolais – tous différents, bien sûr. Cela ne coûtait pas cher, et rapportait gros en bonheur. Un Moulin aptère apporté par Robert, un Fleurie par Henri; un Morgon qui morgonne, un Chenas un rien cocasse ; un Brouilly pour nos envies, un Saint-Amour qui vaut le détour; un Juliénas pas dégueulasse et un Chiroubles qui se dédouble.
Pour faire glisser tout cela lentement, on terminait sur du Saint Véran.
Enfin, n’étant pas en reconversion bio – pour toutes les bonnes raisons et quelques mauvaises aussi – je n’en n'utilise pas moins AUCUN désherbant depuis plus de trois ans (et même avant sur certaines parcelles). Un journaliste spécialisé – OK, d’origine hollandaise, les tulipes etc ... – pourtant bien intentionné a commenté : « Luc dit qu’il se régale de travailler à la vigne (c’est vrai) ... pourtant, moi je trouve qu’il y a de l’herbe partout ! ».
Quel fainéant, le Charlier, en somme. On voit pourtant encore la trace du cadre et des chenilles (un Lamborghini, oui, Môssieu), et il n’y a ni séneçon du Cap, ni inule visqueuse (nos deux plaies). Par contre, oui, de la « laitue sauvage » (comme ils disent ici), des asperges sauvages, quelques chardons, un roncier en train de mourir, des graminées, parfois une tache de chiendent ... la vie, quoi !
Écrit par : Luc Charlier | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireMais habituellement, tout ça se fait "en famille", dans le huis clos, alors personne n'en sait rien. Je pense que notre rôle, à nous journaleux, est de faire savoir ce qui se passe, ce déni d'égalité; C'est drôle qu'on en parle si peu alors que les articles sur la solidarité syndicale, eux, abondent. Là, je prêche contre ma paroisse: nous autres journalistes n'allons pas assez sur le terrain et ne rendons pas assez compte de ce qui se passe. Commenter des vins, portraiturer des vignerons, c'est bien, c'est sympa, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Bien sûr, le Beaujolais n'est qu'un exemple, ce qui s'y passe n'est sans doute pas vraiment pire qu'ailleurs - l'ami Jim nous a montré des exemples de désertification chimique en Val de Loire.
Mais bon, j'avais envie de pousser ce cri, avec Lilian, en pensant à tous ceux qui s'éreintent à vouloir faire du bon et que nous ignorons souvent si superbement, parce que leurs vins ne sont pas dans la GD, ou dans les grands guides ou les magazines people du vin, et ne le seront peut-être jamais tant que les syndicats seront respo,nsables de la sélection des échantillons...
Écrit par : Hervé Lalau | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Alain Leygnier | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Alain Leygnier | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Alain Leygnier | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Alain Leygnier | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireOn a bien lu ce papier
On a bien lu ce papier
On a bien lu ce papier
Écrit par : Luc Charlier | 07 septembre 2010
Écrit par : Alain Leygnier | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireComme dans l’opéra-rock au sein duquel Ian Gillan (ex-Deep Purple) tenait le rôle principal, un acrobate barbu qui se baladait avec une grande croix en bois sur l’épaule, le front ceint d’un bandana couvert de sang :
« If your slate is clean
Then you can throw stones
If your slate is not
Then leave her alone”
Je me souviens effectivement de mes premières erreurs en informatique: j’installais alors un ordinateur dans la fosse d’orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie (= Opéra de Bruxelles) avant une représentation dont la phrase d’entame devait être « Enola Gay, is mother proud of little boy today ? », et il y faisait très sombre.
On m’a dit alors : - « Arrête tes fausses manoeuvres orchestrales dans cette obscurité, tu vas te faire mal ! ».
Je comprends mieux à présent ..... Je comprends mieux à présent .... Je comprends mieux à présent ..... Je comprends mieux à présent .....
Écrit par : Luc Charlier | 08 septembre 2010
Écrit par : Hervé Lalau | 07 septembre 2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Jim Budd | 08 septembre 2010
Répondre à ce commentaireFermier à bail sur quelques hectares à Maury, j’ai constitué une association dont le but principal est de défendre les intérets d’une catégorie végétale défavorisée, les graminées, en portant plainte chaque fois que possible devant les tribunaux d’instance : il y a trop de propriétaires.
Vive Pierre-Joseph Proudhon !
Écrit par : Luc Charlier | 08 septembre 2010
Répondre à ce commentaireMerci de votre soutien. Nous (les bios du beaujolais) avons eu hier une réunion au CIBAS. J'en fais un rapide compte-rendu sur mon blog. Les résultats sont plutôt positifs. Le CIBAS semble prêt à travailler à la prise en compte des problématiques culturales inhérentes à la bio. Un groupe de travail doit être constitué pour faire évoluer le plan d'inspection dans ce sens. Wait and See...
Bien à vous
Lilian
Écrit par : Lilian | 09 septembre 2010
Répondre à ce commentaire(voire
http://fr.wikipedia.o/wiki/Grenelle_Environnement)
Écrit par : Iris | 09 septembre 2010
Répondre à ce commentairePour moi, le décret d’appellation, et donc l’inspecteur de l’ODG, n’ont pas à intervenir à ce niveau. Il existe des vignes « en culture nue » oïdiées (choisissez n’importe quelle maladie si vous préférez) à 100 % et des vignes de type « forêt vierge » où les raisins sont très sains.
Il existe des exploitations « en bio » qui présentent un enherbement maîtrisé, sélectif, voulu.
Il y en a qui présentent un enherbement sauvage mais discret. Il y en a qui présentent un enherbement abondant. Il y en a aussi qui n’ont aucune végétation complémentaire (arrachage mécanique total complété à la main). De quel droit va-t-on privilégier l’un ou l’autre ?
Ce qui est sûr, c’est que certains domaines ont fait le choix, qui coûte cher en main d’oeuvre et en rendement, de ne PLUS pratiquer la culture nue. Outre l’amélioration qualitative du vin – qui pour moi est évidente mais c’est affaire de goût et difficile à prouver - il est indéniable que leur impact sur la planète sera moins néfaste. Ceci n’est pas affaire de goût, c’est une donnée objective.
Afin de ne pas faire l’objet d’une critique injuste, mal informée, je précise que mes vignes ne font pas l’objet d’une certification particulière, que je ne suis même pas en reconversion bio (mais qui sait, un jour, peut-être ?), que je « désévolue » au niveau de mes appellations (de moins en moins d’AOC, moins de VDP et de plus en plus de « vin de table »), tout en maintenant (je crois) la qualité des cuvées et le prix de vente. Et pourtant, il n’y a plus de désherbant chimique depuis 3 ans (4 ans parfois). Je ne défends donc pas « le bio » par principe, je défends l’idée qu’une vigne gérée de manière sensée par un vigneron ne doit pas forcément ressembler à celle du voisin, et qu’une vigne « toute propre » n’est pas forcément le signe du travail le meilleur.
Ouf.
Écrit par : Luc Charlier | 09 septembre 2010
Répondre à ce commentaireJim Budd suggère - dans son blog consacré surtout au vin de Loire mais qui traite, par petites touches successives, d’autres sujets aussi – d’abandonner la monoculture de la vigne. Bien sûr que l’idée est intéressante mais ... cela se pratiquait beaucoup jadis (céréales, fruits, légumes dans l’entre-rang ou au pourtour, voire même sous les pergolas). Et, apparemment, le vin n’était pas génial. Au Portugal, c’est l’abandon des pergolas et l’évolution vers des cépages plus complexes cueillis à maturité qui a conduit à l’amélioration spectaculaire constatée dans le Vinho Verde, par exemple.
A contrario, du temps où on me tolérait au sein de la rédaction d’IVV, la plus mauvaise dégustation collective que nous ayions jamais faite concernait une trentaine de bouteilles ... du Clos Vougeot, pourtant expédiées par leurs organisations professionnelles. Et voilà un bel exemple de monoculture depuis ... lire p. 23-24 du livre « Le Clos de Vougeot » dans la collection de Bernard Ginestet, depuis donc le XIIème siècle apparemment.
Il ne faut peut-être pas aller aussi loin. Mais une tentative de rendre au sol une vie microbienne, une fumure équilibrée et une compensation aux tassements successifs (tracteur !) me paraît indispensable. Enfin, c’est ici que la notion d’EMPLACEMENT prend tout son sens. Il y a des lieux qui conviennent mieux que d’autres, c’est injuste, mais c’est comme cela.
Écrit par : Luc Charlier | 09 septembre 2010
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