04 septembre 2010

La fin du Champagne?

C'est Decanter qui l'annonce (on est jamais mieux servi que par soi-même): lors des Decanter World Wine Awards, un effervescent du Sussex, Ridgeview Grosvenor, a battu cinq Champagnes de marque (y compris Thienot, Taittinger et Heidsieck Monopole), dans la catégorie des plus de 10 livres. Peut-être pas les meilleurs, mais nos amis d'Outre-Manche se seraient certainement contentés de pouvoir battre le dernier des Champagnes de distributeur...

600 ans que la Guerre de Cent Ans est finie, mais ils rêvent toujours de nous réduire en jelly. Ils n'aiment pas nos manières, ils n'aiment pas notre style, ils ne nous aiment pas, ni en large ni en travers;  et leur presse nous allume à chaque fois qu'elle peut.

Même en matière de vin: leurs plumitifs détestent nos AOC, et nos fameux terroirs - le mot leur écorche la bouche. Et s'il n'y avait que ça. Avec leurs Masters of Wines, ils avaient déjà réussi à nous faire croire qu'on ne savait pas boire. Maintenant, avec leurs néo-vignerons, ils s'efforcent de nous convaincre qu'on ne sait pas produire. Rien ne nous sera épargné. Bizarre après ça que ces fiers rosbifs viennent si nombreux passer des vacances chez nous - ou bien c'est le climat, ou bien c'est du masochisme.

Ce qui est drôle, en contrepartie, c'est de voir à quel point ils nous indiffèrent. Qui se donnerait la peine, dans un journal français, de se payer leur tête?

Quoi qu'il en soit, cette grande victoire anglaise prouve dans le verre ce que le premier géologue venu vous dirait:  les sols champenois se prolongent de l'autre côté du Channel. Ajoutez-y le réchauffement climatique, un bon vinificateur, et il n'y a plus de raison qu'on arrive pas à faire du bon là-bas.

Champenois, l'heure est grave. C'est Trafalgar. Si Albion se met sur votre route, quel espoir vous reste-t-il? Arrêtez tout, Messieurs, vous avez fait votre temps! Reconvertissez-vous dans la betterave. Sucrière, de préférence. Vous pourrez toujours vendre de la liqueur d'expédition outre-Manche...

La France a d'autres gloires à faire valoir, heureusement - ses whiskies bretons ou ses vodkas charentaises, par exemple. La mondialisation a du bon.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Grande-Bretagne, Pour rire | Tags : france, champagne, angleterre, humour | Lien permanent | Commentaires (23) | | | |

Commentaires

Eh bien ! Malgré mes « réserves » envers les roses, qu’elles soient de Latché, de York ou de Lancastre, et en dépit de mes sympathies calédoniennes, la « Auld Alliance » m’a toujours paru équivoque. Il y a trois parties intéressantes à ton post, Hervé.
(i) La partie franchouillarde, qui remonte très loin dans ton inconscient peu collectif : les rosbifs d’une part, les froggies de l’autre. Note au passage que tu n’écris pas « roast-beef », tant il est vrai qu’un polo feutré à longue manches s’appelle un « doux-chemise » en français (« sweet-shirt ») , alors qu’il provient en fait d’une camisole à suer (« sweat-shirt »).
Moi qui trouve mes origines dans un pays que tu connais bien, où tout le monde s’entend à merveille en marge de certaines divergences de vue politico-linguistiques (hum hum), « Je me marre ! » -comme disait Michel Colluci, sans doute assassiné sur ordre venant de ce même Latché d’ailleurs.
(ii) La partie viticole, beaucoup plus réfléchie et, pour tout te dire, la partie lalausienne que l’on préfère : bien sûr que la craie champenoise (et chablisienne) se prolonge Outre-manche. Comme de toutes façons la grande majorité des raisins qui entrent dans l’élaboration des champagnes de marque sont « issus de l’agriculture coprologique « (les fameuses « boues de ville », signalées par les milliers de sacs en plastique bleu qui jonchent la campagne des départements de l’Aube et de l’Aisne), on ne voit pas pourquoi les Britanniques ne seraient pas, eux aussi, capables de « chier plus haut que leur cru » ! De surcroît, la betterave qui permet d’abord « d’améliorer » les jus indigents avant la fermentation alcoolique, puis qui rend possible la prise de mousse, pour enfin fournir la liqueur d’expédition, vient quand même de Tirlemont/Tienen ! Monsieur Vranken a pensé à sa patrie quand il s’est installé, le brave homme. Ce n’est pas pour rien qu’il a choisi le seul vin au monde que l’on chaptalise trois fois.
(iii) La partie altermondialiste, que je ne soupçonnais pas jusqu’ici dans ton discours. Pourtant, tu sais que mon mentor affirmait – dès la PREMIERE Internationale – qu’il fallait mondialiser la lutte, alors que Joseph le cruel ne songeait qu’à l’empire soviétique. Bien sûr qu’on produit de tout partout : tu oublies le caviar de la Gironde, la bière blanche de Nyons (sic !) ou d’Argelès, les kiwis de Bandol et l’ânesse « Royal » du Poitou (Bonjour Madame).

Bon week-end, je vais voir à Gérone si quelque caganer nouveau ne peut pas s’ajouter à ma collection, si je ne trouve pas un Jerez de derrière les fagots à partager avec MS (nous déjeunons ensemble lundi, à la vigne) et si une beauté châtain foncé n’est pas assez bête pour succomber à mon charme chenu. Le dernier point n’est pas gagné d’avance : Christine se promène à mon bras, avec ostentation.

Écrit par : Luc Charlier | 04 septembre 2010

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Bah, je les aime quand même, tu sais. Albion restera toujours ma seconde patrie. D'ailleurs, un pays qui a enfanté Jane Austin, PG Wodehouse, Somerset Maugham, les Beatles, les Stones, Roger Waters, Jethro Tull, Yes, Genesis... et Jim Budd... ne peut pas être foncièrement mauvais! Mais qui aime bien châtie bien. Et bravo pour ta démonstration.

Écrit par : Hervé Lalau | 04 septembre 2010

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Mais bien sûr, on peur voir l'autre côté de la chose:

http://wine-life.co.uk/news-review/a-rose-champagne-by-any-other-name-would-smell-as-sweet

Écrit par : Hervé Lalau | 04 septembre 2010

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Tiens, toutes proportions gardées, j'ai eu un peu l'impression de faire comme votre Brel, celui des "Flamingants, chanson comique". Il y avait de l'outrance, de la caricature, mais ça faisait du bien - enfin, vu de ce côté-ci de la barrière, je suppose.

Écrit par : Hervé Lalau | 04 septembre 2010

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On aime "chier plus haut que leur cru"...remarque, ça pourrait s'appliquer à beaucoup de monde...

Écrit par : Reggio | 04 septembre 2010

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Trêve de plaisanterie, merci à Hervé de m'avoir fait découvrir les talents de cet écrivain (car il sait très bien écrire) nommé Styles (et il a beaucoup du style). Ce papier sur les bulles est basé sur l'ironie et la dérision, mais lisez ce qu'il dit sur les vins dits "naturels", par exemple.
J'espère que le Xérès a été trouvé par Luc et Michel. Je fait confiance à ce tandem de chien truffiers.

Écrit par : David Cobbold | 04 septembre 2010

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Il en faut, des réponses :
Jane Austen, jamais rien lu de cette dame. On va y penser. Le hic, à part à Lyon (400 km, Place Bellecour, chez « Eton , the British bookshop »), je ne sais où me procurer des livres en anglais par ici. La FNAC, pas question, c’est un vilain mot qu’on ne prononce pas chez moi.
Pour le créateur de P Smith, d’accord avec toi, même s’il ne faut pas oublier Roald Dahl et Tom Sharpe, un peu dans la même veine. Pour Maugham, il faut être aussi mièvre que la Souche pour citer ses « nouvelles pour dames ». J’adore les « Short Stories ».
Beatles, Stones, Pink Fl ..., Thick as a brick, Tales from topographic ocean, Genesis (AVEC Peter Gabriel de préférence: Louise, is the Reverend hard to please? You’re telling me!)
Jusque là, tout va bien. But, move your butt, here comes Budd.
« Oui, tu vois quand je pense à vous, j’aime que rien ne se perde. » Curieuse syntaxe, mélange du « gij » et du « U ». Je le fais souvent.

Pour les jeux de mots basés sur « cru » et « cul », on les a faits bien avant moi, ce qui m’enlève bien sûr une partie de la honte, mais aussi tout le bénéfice de l’originalité :
Julos Beaucarne : « A force de péter trop haut, le cul prend la place du cerveau ». Il m’a beaucoup aidé (et on n’est jamais trop aidé).
Roland Gohy (un TRES vieux chroniqueur oenologique belge qui a beaucoup d’humour et aucune tolérance), au sujet d’un des innombrables classements des bourgeois du Médoc : « Les Bourgeois mettent leurs crus au balcon » (pas mal).
Nougaro ou Ferré (je ne sais plus) : « Poéter plus haut que son cul ».
Moi (au sujet de Château Branaire) : « Puer Ducru ».

As of Master Cobbold, I’m going to have to disappoint him upon my returning from the Empurdean journey: I could NOT lay my hands on anything « sherry-ish” worth to mention in the whole of Gerona. So, my usual Oloroso Viejo (1/138) from an undated solera matured by a Senor Viuda de Antonio Barrego in Jerez will have to do. The caganer I hoped to find was Pope Benedict XVI, a favorite of mine ever since I finished reading his best-seller “Mein Vatikampf”. But, as we are not sure that “Duos habet et bene pendentes “, he was not immortalized in that most humbling of postures. Thank you for the “chien truffier”, which I always prefer above “vieux troufion”, a style jealous people sometimes refer to me by. Yet, I wonder: what has the tandem got to do with it? I know a bicycle is built for two, and I sometimes do ride tandem with the random, but still ....

Écrit par : Luc Charlier | 04 septembre 2010

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Luc est aussi remarquable en anglais/franglais qu'en pur belge. C'est un régal, parfois acrobatique (je ne suis qu'anglais) de le lire.

Quant à Jane Austen (et pas Austin, comme a dit Lalau en prenant la pauvre dame pour une bagnole, ce qui n'est pas très élégant), j'encourage notre auditoire, Luc compris, à la lire, même si cela peu paraître parfois précieux et désuet. Ce n'est pas Marcel P, mais cela ne pète pas plus haut non plus.
L'ironie du nom de la librairie à Lyon ne m'a pas échappé, faisant écho à mon ancien école, qui n'a probablement pas approuvé cette franchise !

Quant aux références au piliers d'une "culture" britannique évoqués, je dois laisser l'entière responsabilité aux auteurs. J'en partage bon nombre, je dois le dire, mais là chacun mettra ses pions en avant. Mais quid de Triumph, Norton et, surtout, Vincent ? Je fais là l'éloge du travail manuel, qui englobe aussi la musique, le vin et la cuisine, selon moi. Car la main sans la tête n'est rien, et lycée de Versailles. Vous voulez poursuivre sur le rugby ? Une autre fois peut-être.

amités à tous
David

Écrit par : David Cobbold | 05 septembre 2010

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Oui, c'est vrai, David, c'est Austen. Note bien que les Austin pouvaient être élégantes aussi...

Rugby, did you say? Côté anglais, Il y a eu Wilkinson, bien sûr. Mais comme Français, ce sont les Gallois qui me branchaient les plus, à l'époque où j'ai connu LE sport (je parle des 70's). Garreth Edwards, JPR Williams, par exemple.

Écrit par : Hervé Lalau | 05 septembre 2010

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Je suis fondamentalement d'accord sur le (beau) jeu de rugby. D'abord les All Blacks (quand même !), puis les gallois de l'époque des J.P.R. Williams, G.Edwards et consorts, puis, très souvent, l'équipe de France. Quant aux anglais, inventeurs de ce jeu oh combien paradoxal, il ont souvent tout fait pour l'enterrer sous une montagne de stéréotypes alors qu'il s'agit d''un ode (encore paradoxale !) à la liberté de crée sous la contrainte d'une solidarité sans faille.
Et, de nos jours, ce sont toujours les All Blacks qui incarnent au mieux ce jeu fait d'une succession de moments de grâce, de créativité individuels et d'enchainements collectifs, suivi de près (mais avec moins de force physique) par les australiens (témoin : le match magnifique livré hier contre l'Afrique du Sud) puis, assez loin derrière, par des gallois qui tentent mais qui n'ont pas tout à fait les moyens, et de français dont j'approuve les intentions de jeu actuels. Les anglais, que je supporte loyalement mais peut-être bêtement, ont besoin de fumer (ou de boire) un bon coup pour se libérer. Quand ils le font (comme lors du match contre la France dans le tournoi 2009), ils sont parfois capables de tout. Leur titre ce champion du monde en 2003 les a peut-être desservi en les cantonnant à un supposé "réalisme" qui tue le jeu.

Écrit par : David Cobbold | 05 septembre 2010

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Personal note for D. Cobbold


David, by the way, if you happen to be in my area, I would be delighted to introduce you to my humble production at Domaine de la Coume Majou. You may not exactly become a fan of my very southern type of reds, but I reckon the Maury will be more to your liking.
I’m a personal friend of Dirk Niepoort (but he has many of them, likeable as he is), João Almeida, the Cálem sisters and their views have strongly influenced the way I look at fortified wines. I met most other members of the “Port world” quite often in the ‘90ies, including Bruce and David. I also had dinner next to Mrs. Robertson on the day of the “Vintage of the century” tasting at the Porto Stock Exchange, of which I was an invitee. I wouldn’t say she very much appreciated me, since I lack the “distinction” specific to her own circle of relatives. But you see, Vargellas and I are not exactly perfect strangers either.
On the other hand, your fizzy friends will have pretty little to criticize about me: I never cruised that area. The only notable exception is a Paul V., of “les demoiselles” fame. But that is a long story.
I think I remember you were a photographer, once. Well, I promise the vineyards I’m the lucky owner of are quite a sight and I invite you to come and take a few snapshots, “pour le plaisir des yeux”.

“Welcome back my friend, to the show that never ends,
We’re so glad you could attend,
Come inside, come inside ...”

(Emerson, Lake & Palmer)

Écrit par : Luc Charlier | 05 septembre 2010

Here I go again.
(i) Tout d’abord , sans rien dire, j’ai cité “Austen” dans ma réponse (with an “e”, NB). Comme faux-cul, y’a pas mieux ! I’ve been with the Beecham company for 3 full years of my life (1987-1990)! On apprenait à mentir, à Brockham Park.
(ii) “Proud Edward’s army, I sent him homeward ... to think again!”. J’ai passé trois ans de ma vie avec une nommée Alison, née à Dumfries d’un père glaswégien et d’une mère originaire d’Edinboro’ (Stuart by her family name!). Un oncle avait servi en Ulster (et tué du « green wog ! »). Le « in-law » est pilier (yes, « prop », un beau bébé!), et s’appelle Duncan !
Le « pillow-talk » est une bien meilleure école que Berlitz pour apprendre la conversation ; il n’y a que les mauvaises langues pour le nier.
(iii) De Eton, je connais surtout la cravate !
(iv) “To any noble Scotsman, the road to fortune starts on the highway to England!”
Je pense que c’est Robert Louis Stevenson, mais n’en suis pas sûr. Je préfère de toutes façons « Travel with a donkey in the Cévennes ! », nearby !
(v) Oh, oui, une « Bonneville » ou une « Commando » : de l’huile partout, misfiring every second cycle, mais une tenue de route superbe et puis, la nostalgie ....

Écrit par : Luc Charlier | 05 septembre 2010

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Luc, bien volontiers pour tâter des ta production en terre catalane, peut-être lors d'un prochain voyage en terres de l'USAP ou je me fais conspuer en tant que supporteur du Stade Français ?
Nous partageons clairement un respect amical envers Dirk Niepoort. Quant à Mme Robertson (pas Robinson, notez bien, vu la suite de cette histoire), elle n'est pas si prisonnière que cela de ses origines. Lors d'une vie antérieure (en Champagne) j'étais assis à ses côtés (nous avons aussi cela en commun) à l'occasion d'un déjeuner chez Roederer pour fêter un numéro de l'Amateur de Bordeaux qui parlait des liens entre Champagne et Porto. Sa première phrase à table, en s'adressant à moi, fut "et avec qui couchez-vous en ce moment ?" : ce qui je trouve assez remarquable comme "opening gambit" et technique de brise-glace.

Écrit par : David Cobbold | 05 septembre 2010

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Suite à Luc (et aux quelques lecteurs qui ont suivis ces élucubrations dominicales).
J'ai toujours un Commando, mais elle ne pisse pas d'huile. Ma remède ? La confier à un français, descendant d'émigrés russes, pour une solide réfection. Il suffit de bien marier les deux côtés du carter, ce qui n'arriva que rarement aux pièces assemblées dans l'industrie motocycliste déliquescente de l'Angleterre des années 1960 et 1970.
Quel rapport avec le vin pourrait dire le lecteur qui arrive sur ce blog par hasard ? Aucun, mais voici ou on peut arriver en discutant à partir d'un point de départ en en u consacrant un peu de temps.
Puis quel intérêt de limiter un blog à un seul sujet, aussi riche soit-il.
Vous voulez parler de Schopenhauer maintenant ? Non, peut-être pas Schopenhauer...

Écrit par : David Cobbold | 05 septembre 2010

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Oui, oui, oui : le vrai intérêt d’un blog avec des « gens du vin » c’est qu’ils sont aussi curieux de beaucoup d’autres choses.
Exemple : si un club de fanatiques de Norton se réunit, ils ne parleront plus que de leur commando chérie (oui, les Français disent UNE Norton commando, comme les Anglais mettent les bateaux et les locomotives au féminin aussi). Si des amoureux du vin roulent en commando, ils iront d’abord visiter le château d’Amboise, se prendront une tamponne au Coteaux-du-Loir ou au Jasnières, puis écouteront Michelot et Urtreger dans un club de jazz à Vienne, avant de rouler jusqu’à l’Atlantique pour manger des huitres à peine sorties de l’eau, avec du Gros Plant (aucun mal à cela), avant de s’allonger sur la plage, un petit joint coincé sur la lippe. Enfin, si un alcootest sorti d’une fourgonette bleue ne les en empêche pas !

Quant au gambit de Mrs Robertson ... even though Jesus loves her more than she will know, however much she looks around, she won’t meet my sympathetic eyes. Par contre, le gambit du roi, je veux bien. J’admets que je ne sors plus mes pions depuis que je ne suis plus le ...secrétaire du club d’échecs de mon lycée. Il y a 36 ans de cela !
A propos, est-ce qu’elle a appris le nom de l’heureuse compagne qui partageait le lit, à ce moment-là ? None of her business, if you ask me.

Et Arthur ... - est-ce un hasard ? - est vraiment mon maître à penser, hélas. Pour la joie de vivre et l’optimisme, on peut faire mieux. Mais comme il y a aussi Billie Holiday, et Verdi (le choeur des esclaves surtout), et Chet Baker quand son Flugelhorn dégouline de tristesse, tout va bien.

Et je termine par une anecdote concernant Roederer.
Acte 1 : Comme évoqué, João Almeida et moi nous rencontrons toujours avec beaucoup de plaisir. J’adore d’ailleurs les fresques qu’il a dessinées dans les grottes de Foz Coa ! Quelle technique, quelle maîtrise. Cela me rappelle l’art de Cro Magnon dans mon pays, ou de Tautavel (pré-néandertalien, pourtant), ici.
Acte 2 : Je suis un ami de longue date de Jean-Daniel Ott, en plus.
Acte 3 : Quand on m’invite à Bom Retiro (il y a quelques années, j’y ai assisté à la « presentação », ai vu partir le personnel et le concierge, puis on m’a laissé les clés et j’ai passé 48 heures de rêve entre les palmiers de l’allée, les bords de la piscine et les bras de ma chérie, à nous deux !), je bois sans sourciller le verre de Cristal qu’on offre généreusement aux invités. Or, je n’aime pas cela du tout !
Acte 4 : C’est le moins que je puisse faire pour ne pas désobliger mon hôte, et rendre hommage à son hospitalité.

Écrit par : Luc Charlier | 05 septembre 2010

Bon les gars, je vous laisse les clefs!
Mon espace virtuel ne vaut pas Bom Retiro, mais il est à vous. Et je me répète - sans fausse modestie, je suis Français, moi - les commentaires sont souvent bien plus intéressants que mes posts.

Au fait, ce Chopin-Hauer, il joue du saxo ou du bandonéon?

Écrit par : Hervé Lalau | 05 septembre 2010

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Mais si, mon chéri, je suis sûr que ton espace virtuel est très accueillant (Glory, glory hole-luia !).
Quant à l’instrument, ce serait plutôt de la crécelle.

Écrit par : Luc Charlier | 05 septembre 2010

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Je crois qu'on va les garder, les clefs. On s'est bien amusé dans ta baraque, merci Monsieur. Il manque un peu à boire quand-même. Allons voir ce qui traine à la cave maintenant...
C'est vrai qu'une moto est féminin. Ducati comme Norton. Tiens, Luc, il faut que je te parle de notre escapade, à 30 ducatistes, autour des Dolomites le weekend dernier et d'une belle dégustation et déjeuner chez Lageder. Le contingent français de ce rallye international ne voulait pas y aller ! Tout fout le camp.
J'ai aussi quelques souvenirs des routes dans la vallée du Douro, conduit à des vitesses inavouables par Cristiano Van Zeller (qui a joué 2ème ligne pour le Portugal) avec une main sur la volant et l'autre sur son téléphone portable. Tu connais les routes du Douro...et tu connais probablement aussi Cristiano.
Bon, je crois que le moment est venu pour ce verre d'Oloroso Viejo

Écrit par : David Cobbold | 05 septembre 2010

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Je garde le double des clés .

Ce qui m’a toujours intrigué et fasciné chez les Portugais, c’est le caractère schizoïde de leur conduite automobile. (i) Environ 10 % d’entre eux conduisent très lentement, très mal, un peu comme les petits vieux en France au volant de la 4L toute cabossée ou du C15 pourri, ou des vétérans de 14 au UK, derrière le compteur de leur Hillman Imp ou de leur mini Morris station wagon. (ii) La grosse majorité des Portugais conduit « normalement » à présent. (iii) Les 10 % restant roulent comme des fous, guidant le volant avec les genoux, se faisant un clope ou un joint d’une main, répondant au « mobile » de l’autre (To !) et ... se remettant les « tomates » en place avec la troisième.
Oui, j’ai rencontré Cristiano à plusieurs reprises, notamment quand il refaisait sa nouvelle Quinta (do Vale Dona Maria) après la cession de Noval. Nous avons mangé chez lui un soir : superbe maison et charmante hôtesse que sa femme.
Deuxième ligne ? Son format lui permet effectivement d’être le numéro 4 ET le numéro 5 en même temps !
Ceci est une autre source d’émerveillement – pas de jalousie, j’insiste : tous les acteurs de ce monde semblent perpétuellement en train de construire des nouvelles « wineries », d’aller bouffer l’un chez l’autre, de faire faillite tout le temps, de s’associer, de se séparer et d’entreprendre, d’entreprendre, d’entreprendre ...
André Dominé, un journaliste allemand qui vit dans le Fenouillèdes, à l’habitude de dire que « la France est le seul pays d’Europe qui est arrivé à éviter la révolution française ». J’adore cette formule et elle est juste. On pourrait dire du Portugal qu’il est le seul à ne pas avoir connu la révolution des oeillets !
Un de mes amis avait une Desmo 350 et courait la « Coupe Ducati » en Belgique. On faisait un peu de mécanique ensemble. J’avais songé acheter la même mais en version « route » (street legal). Il s’est tué sur le circuit de Chimay...
Cheer up, folks, the show must go on.

Écrit par : Luc Charlier | 05 septembre 2010

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Chimay, qui héberge encore des courses "d'anciennes", doit être le seul circuit au monde à porter le nom d'une bière. Une autre histoire belge ?
Yes, the show must go on. Even on the Isle of Man.
D'après ta thèse (merci André pour ses origines), est-ce que l'Angleterre serait le seul pays au monde d'avoir échappé à la pluie ?

Écrit par : David Cobbold | 06 septembre 2010

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I had a go at the IOM track (Tourist Trophy) myself (in my nightmares) with an old Yamaha RD 350 (the air-cooled version). Never could manage half the “ton”! Jack Findlay did it, John Surtees did it, Mike “The Bike” Hailwood” did it, and of course, “il Giacomo” (waw, the noise of his MV Agusta, even the 350 cc !). And look at the wrecks they drove ! True, I had swallowed more “real ale” (we’re talking the end of the seventies) than is fit to mention.

David, any Englishman knowledgeable about monks’ beers should be at least ... a Lord. What would you say about ... Sir Cobbold, for instance. Or even a peer of the B.E. I’m not talking Brighton Pier - ni même bien pire – but you could be ... at a par with Britney Spears. East-West, Home Best, you can guess the rest (Brian Ferry dixit).

Oh, Mother of Pearl, I wouldn’t trade you for another girl ....

You are very wrong about Chimay being the sole “race track cum ale” combination.
What about “Pilsner Track”, Nürburgbrau Ring (des Niebelungen), Silverstone-henge bitter, Tintagel Dunkel, San Marino premium, Targa Florio con gas, the 500 miles of Heineken Beach and, last but not least, Laguna Seca pero “full throat humida”.

It doesn’t require any Q-basic nor Language-C education, just plain ...Cobol. That’s funny, isn’t it?

Écrit par : Luc Charlier | 06 septembre 2010

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My God, Luc, it is hard to keep up with you even on a clapped out RD 350 ! Did the IOM circuit on "bloody sunday" on my first Norton Commando, which was a fast and back. Maybe we met then, disguised under our helmets. It must have been in 1970, or thereabouts.

As for Cobbold Ale, or Tolly Cobbold as it was known in the last stages, it has, sadly, gone the way of many independant breweries, having existed since 1723.

Quite like the sound of Thruxton special for a beer, while we are still on that track.

As for Brighton pier, this brings back memories of student days at Sus-sex University (mmm, the Jay twins) and concerts by the pier (Palace pier) in the Aquarium club with the Who and the resident (excellent) band, Gary Farr and the T-Bones. How many more times you gonna wreck my life? Or, I'm a lover not a fighter and I'm really built for speed... When you think that his dad was British heavyweight boxing champion...

But enough of this old-time reminiscing, when do we get to taste your wine?

Écrit par : David Cobbold | 07 septembre 2010

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You know what ?

Reading you, I realize how right George Brassens used to be: “les imbéciles heureux qui sont nés quelque part”. Don’t get me wrong, you’re definitely NOT one of them. What I mean is you are clearly “né quelque part”, and probably well born, but you are much travelled and you have apparently seen a lot of things. This is the reason why, even though the roots you have, as well as the roots I have, or Hervé’s roots, condition what we aim at, what we try to achieve and all our endeavours as well, in the end, the pleasure we derive from things, and the way we look at them, can be shared by quite a few other human beings. Never forget where you have been born, but throw away the blinkers.
There is a huge gap between a “froggie” and a “rosbif”, yet you both share a common ground. And I can recognize a lot of items dating back to my own past in the various inuendo’s or jokes both you and Hervé come up with. Yet, I’m neither a batracian nor a piece of bovine iliospinal muscle.
And it feels good!

As for the wines, we’ll make sure a decent sampling reaches your address.
For the time being, we have decided against visiting the wine shops (retail) in France and Domaine de la Coume Majou is only available at a series of gastronomic restaurants in the southern half of that country, and at the winery, of course. Calberson also diligently serves private clients upon request. Thank you for your kind curiosity and interest.

Écrit par : Luc Charlier | 07 septembre 2010

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