09 février 2010

Des antibios dans les vins

Je n'ai pas pu ne pas lire dans la presse les avatars (le mot est décidément à la mode) des vins argentins refusés en Allemagne pour cause de présence d'antibiotiques.

Rappellons-les faits.

La natamyicine, alias pyramicine est un antibiotique fréquemment employé dans la fabrication de fromages et de produits de charcuterie. Ce qui se discute, sans doute, mais ce qui est tout à fait légal.
Ce qui l’est moins, c’est qu’on en trouve dans le vin. Et notamment, récemment, dans plusieurs lots de vins argentins exportés en Allemagne.
Alertés sur ce problème dès 2009, les autorités allemandes ont contrôlé 237 vins allemands,  espagnols, chiliens, sudafricains, mexicains, californiens et argentins.
Seuls ces derniers présentaient des teneurs quantifiables en natamycine. Huit lots de vins ont donc été retirés de la vente à la mi-janvier, pour un volume total de 120.000 bouteilles.
Même si les résidus ne présentaient pas de toxicité apparente, Wines of Argentina, qui promeut les vins argentins, a fait réaliser des études complémentaires par un laboratoire français, Excell. Sur la base de 500 échantillons, celui-ci a révélé la présence de quantités dosables de natamycine (plus de 5 microgrammes/l) dans d’autres vins  (un espagnol et un italien) ainsi que de traces dans certains vins sud-africains, néo-zélandais et français
(entre 2 et 5 microgrammes/l). Mais ces analyses ont surtout confirmé que l’Argentine est la plus touchée : 50% des échantillons contrôlés en contiennent. 

L’élément rassurant est que les teneurs identifiées sont généralement très faibles , ce qui élimine l’éventualité d’un ajout délibéré de natamycine dans le vin. On évoque donc plutôt la possibilité d’une contamination accidentelle, la natamycine étant autorisé comme produit décontaminant pour le matériel de cave.

Et comme je voulais en savoir plus, j'ai contacté mon confrère argentin Daniel Lopez-Roca, qui m'a répondu de manière assez laconique: "Cette histoire est tout à fait anecdotique. Je l'ai suivie ici, et c'est à peine si l'on en parle".

Alors, ne faut-il voir là dedans qu'un nouveau soufflé médiatique qui retombe?

Mais, au fait, ne nous répète-t-on pas à longueur de journée qu'il faut éviter la surutilisation des antibiotiques. On les déconseille pour les traitements de maladies, mais on les  autorise pour la prophylaxie animale ou vinicole? Cherchez l'erreur.

07:44 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : medecine, vin, nature |

Commentaires

mais c'est tout à fait commercialisé aussi pour le vin pour arrêter la fermentation, si on veut garder des sucres résiduels et pour combattre des champignons (comme le brettanomyces bruxellensis, présent aussi dans la fermentation des bières belges:-) - c'est commercialisé dans plusieurs pays (dont l'Afrique du Sud) pour le traitement des vins - c'est simplement interdit en vin en Europe, donc aussi pour l'importation - mais légal, comme tu dis, sur le fromage et la charcuterie (probablement avec l'argument, qu'on les pèle)-

Si je me rappelle le cocktail de pesticides, herbicides et fongicides retrouvé dans les vins Français (et ne pas que par la PAN), je trouve le bruit qu'on fait autour du E235 bien hypocrite.

Écrit par : Iris | 09 février 2010

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