08 novembre 2009
Géologie et goût de terroir
Alex Maltman est Professeur de géologie en retraite de l'université Aberystwyth, au Pays de Galles; il est notamment l'auteur d'une publication fameuse sur l'influence des sols sur les vins, les whiskies et les bières, parue dans la revue Geology Today.

Un beau terroir de graves... (Photo H. Lalau)
Il prépare d'ailleurs un livre qui sera intitulé Geology & Wine. Il vient d'en donner un avant-goût à Portland, lors de la conférence des géologues américains. Et le moins qui'on puisse dire, c'est qu'il n'est guère convaincu par ce que l'on appelle communémement le goût de terroir. D'après lui, les minéraux contenus dans les sols sont présents en doses trop infimes pour être perçues par le palais humain.
Citons le professeur Maltman: "Je ne dis pas que la chimie et la géologie n'ont aucun effet sur le vin. Juste que nous ne comprenons pas ces effets. Mais quoi que puisse être la minéralité dans un vin, ce n'est pas le goût des minéraux du sol."
Pas étonnant que le Professeur conclue après ça que les critiques vineux ne comprennent pas grand chose à la géologie!
Au fait, je désespère de finir un jour le premier chapitre des Terroirs du Vin, de Jacques Fanet. Ce livre est très bien fait, mais la succession des périodes géologiques, avec leurs noms exotiques, a le don de m'endormir.
00:32 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Iris | 08 novembre 2009
Répondre à ce commentaireIl me semble évident que prétendre que la nature précise des sols, prise dans le sens de leur ère géologique, ne va pas influer sur le goût d'un vin, caril y a tellement d'autres facteurs qui ont bien plus d'importance (meso-climat, météo, gestion d'eau, cépages, conduite de la vigne et des sols, date de vendages, vinification etc etc.) Utiliser le terroir quand on veut dire terre, ou nature du sol, relève d'une restriction un peu bête. Le terroir, c'est tout le mileu naturel, mais rien que celui-ci (même si, souvent, il a été considérablement modifié par des actions humaines). Le soi-disant "goût du terroir" est donc dû à un ensemble de facteurs, aux interactions complexes, et prétendre que cela est due à la nature des sols relève, à mon avis, de la méthode Coué. Il me semble que la gestion de l'eau dans le sol et entre le sol et la plante joue un rôle très important dans cette affaire, notamment à propos de l'acidité perceptible dans les vins. Le dernier mot à la mode en "winespeak" est "minéral". Cela décrit juste une expression de l'acidité d'un vin et de la relation entre son acidité et sa matière sèche (et l'alcool). Et l'acidité vient du cépage, du meso-climat, et de la capacité du sol à distribuer de l'eau à la plante à des moments critiques de murissement du fruit. Ceci explique, par exemple, pourquoi des vignes sur des sols très calcaires (ou très schisteux) semblent détenir une fraîcheur accrue.
En résumé, et pour commetre une autre simplification, on peut dire que le terroir c'est une affaire d'eau...et de pognon (car sans un peu d'argent c'est très difficile de faire du très bon vin). Je pense que ce professeur a entièrement raison.
Écrit par : David Cobbold | 31 mars 2010
Répondre à ce commentaireMinerally yours
Hervé
Écrit par : Hervé | 31 mars 2010
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