13 février 2009
En Biojolais
Ce blog, c'est l'occasion de belles rencontres. Et de belles dégustations, aussi.
Isabelle Perraud, vigneronne en Beaujolais - j'allais écrire, en "Biojolais" - a un esprit sain et une plume acérée, et j'ai eu l'occasion de vous faire partager quelques unes de ses justes indignations. La vie de vigneron n'est pas toujours facile en France, ces temps-ci; alors vous pensez, à Vauxrenard, en bio, sans soufre, dans une région qui pense d'abord en termes de volume...

Tous les chemins mènent à Vauxrenard
Mais avant d'être blogueuse, Isabelle est d'abord productrice, et elle a eu la gentillesse de me faire parvenir deux de ses vins. Je me suis donc attelé à la tâche - pas désagréable - de les déguster. Je précise que n'étant pas un inconditionnel des vins naturels, j'ai affuté spécialement mes papilles pour l'exercice (échauffement des lèvres, étirements de la langue, hyperventilation, etc...).
J'ai commencé par le blanc: le "Chardonnay des Molières" (sans année, serait-ce un vin de table, faute d'agrément?). Très joli nez camomille, citronnelle et fruits secs avec, par dessus le marché, quelques notes de marc ou de cognac; en bouche, c'est l'acidité qui domine; la finale, sur la pomme un peu blète, me gêne. J'avoue avoir eu un peu de difficultés à apprivoiser cette bouche. D'autant qu'à l'aération, si le vin s'ouvre, c'est plutôt sur des notes d'oxydation. Pas vraiment ma tasse de thé. Ou bien c'est moi qui suis "passé à côté".
Le rouge - un Moulin à Vent 2007 - c'est une toute autre affaire. J'ai adoré ce vin. Un nez séduisant - violette, garriguette, cassis - mais surtout très pur. Pas de ces Moulins-à-Vent qui pinotent dans la vulgarité, non, un grand seigneur. La bouche, elle, est un très bel équilibre entre soyeux et fluidité, entre tension et séduction. Et longue avec ça, la finale ramenant les petits fruits et un je ne sais quoi d'acidulé, de roche après la pluie, de ces choses difficiles à décrire qui tiennent au coeur du vin. Et 11,5° d'alcool seulement, ça repose en ces temps de réchauffement.
Isabelle Perraud a écrit un jour qu'un vin doit avoir le caractère de son terroir, mais aussi de son auteur. Alors Isabelle, si j'en juge par ce Moulin, vous êtes une sacrée bonne femme; pleine de charme, de personnalité, à la fois vive et élégante, naturelle et très classe. Mes amitiés à votre mari, la Saint Valentin, c'est demain !
Infos/commandes: Domaine des Côtes de la Molière, 0033 4 74 69 92 32
07:03 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |






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