06 février 2012
La minute du naturiste - Miracolo! Miracolo!
Avant hier, en Alsace, un sympathique oenologue qui tente de limiter le soufre dans ses cuvées en l'employant en goutte à goutte, "à la demande", nous expliquait que le sans soufre était une voie sans issue.
Hier, à Arbois, je dégustais les vins de Stéphane Tissot. Un vigneron qui, s'ils ne travaille pas totalement sans soufre, n'en utilise certainement pas le quart du tiers de ce qui devrait convenir pour protéger ses vins, si l'on devait suivre le raisonnement de notre ami alsacien.

Stéphane Tissot en siprale ascendante (sans flash et presque sans soufre)
Miracolo! Miracolo! Ses vins sont pourtant d'une pureté exemplaire. Aucune pomme blette, aucune robe brune à l'horizon, même des heures après ouverture. Et ses vins, qu'ils soient blancs ou rouges, expriment bien leurs terroirs.
Dieu sait pourtant que j'ai pu être déçu, par le passé, par certains vins "nature" déviants, standardisés par le non interventionnisme.
La morale de l'histoire - gardons nous de tout jugement définitif et péremptoire, buvons et jugeons sur pièces.
00:14 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Jura, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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07 novembre 2011
Pour bien boire, buvez en bonne compagnie!
Pour bien boire - on ne parle pas de déguster, mais bien de boire - il faut savoir choisir ses vins, mais aussi les gens avec qui l'on boit.
On dirait un vieil aphorisme de Malesherbes ou de Saint Simon. Eh bien non, c'est de moi!
Il faut dire que j'ai triché, quand j'ai écrit ces lignes, je carburais au grand vin et aux grands esprits.
C'était vendredi soir, aux Berceaux (ze place to be in Epernay) je dînais en compagnie de trois de mes complices des 5 du Vin, Marc, Jim et David, et d'un très sympathique consultant basco-champenois, Olivier Borneuf. Un jeune à la fois passionné, compétent et ouvert, oui, ça existe.
Comme c'était notre dernier soir ensemble, après deux jours de dégustations avec les Artisans du Champagne, nous avons décidé de changer de région. À l'apéritif, Patrick Michelon, le chef des Berceaux, nous a servi un vin mystère, qui s'est avéré être alsacien - j'avais hésité entre Gaillac et Savennières, il s'agissait d'un vin de Jean Michel Deiss. L'Engelgarten 2008. Miel d'acacia et pétrole au nez, j'aurais dû reconnaître un beau riesling (il y en a dans le lot, mais c'est une parcelle complantée où il y a aussi du muscat et des pinots), mais l'acidité apparemment assez basse m'a fait bifurquer vers d'autres contrées. Deiss 1, Lalau 0.
Marc et David, eux, ont trouvé tout de suite. Jim aussi, après avoir pris le temps de friser sa moustache. Chapeau, les gars!
Engelberg 2008
Nous avons entamé le repas avec un Saint Aubin choisi par David, un Premier Cru les Champlots de Gilles Bouton, millésime 2009.
Riche, gras, miellé, un tantinet sur l'alcool, mais tellement bourguignon!
David aurait préféré le 2008, moins solaire. Je ne peux pas dire, je ne l'ai jamais bu.

Saint Aubin Premier Cru 2009
Pour les côtelettes d'agneau, nous sommes passés à un Saint-Nicolas de Bourgueil, 2009 de Gérald Vallée, à nouveau choisi par David, assisté par Mr Loire en personne, alias Jim Budd. Cuvée Les Perruches.
Quelle fraîcheur, quel exubérance de fruit, quelle belle longueur en bouche! C'est mûr. Mais c'est croquant.

Les Perruches 2009
Comme la bouteille nous a vite semblés trop petite, Marc a commandé une bouteille de Crozes Hermitage, la Cuvée Le Clos des Grives 2009, de Laurent Combier.
Dense, fruité, mais droit, ces grives là nous ont chanté tout le charme des Côtes du Rhône du Nord, la tension sous le velours.
Le Clos des Grives 2009
J'avais encore du Saint Nicolas dans mon premier verre, j'ai donc pu faire des allers-retours entre Loire et Rhône, et je n'ai pas été déçu du voyage. Deux belles expressions de fruit noir, différentes et pourtant, dans un sens, la même précision de vinification, à la recherche de l'expression du cru - je ne parlerai pas de terroir, en bon britannique, David juge le mot imprécis et galvaudé, et je crois qu'il a raison.
Dieu que c'était bon d'être ensemble autour de ces bouteilles-là. Dieu qu'on était loin du microcosme, du showbiz du vin. Et pour ceux qui pensent qu'on se goberge toujours aux frais des producteurs, qu'on ne vaut pas mieux que la mauvaise réputation du journaliste pique assiette, ou pire, du critique acheté, on a payé de nos deniers, 77,5 euros par personne, repas et vin compris. On n'a pas regretté nos sous. Et la conversation, elle, était gratuite. On en reparlera au fil des posts, ici ou sur le blog des 5 du Vin.
Alors faites moi confiance: il y a toutes sortes d'accessoires du vin, aujourd'hui, du verre "Spécial Boisé" à la turbine d'aération en passant par la carafe profilée. Ce n'est pas moi qui vous en dégouterai.
Mais au moins aussi important: choisissez bien avec qui vous buvez!
Et pour ceux qui voudraient récréer l'ambiance (mais avec d'autres amis, je garde les miens), voici l'adresse: Les Berceaux, 13 rue des Berceaux, F-51200 Epernay. http://www.lesberceaux.com/restaurant.htm
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Bourgogne, Champagne, France, Loire, Rhône | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, art de vivre, deiss, engelberg |
24 octobre 2011
Le Terroir en dégustation
Mon ami et co-dégustateur d'IVV Youri Sokolow me fait parvenir ce rapport circonstancié d'une belle dégustation de son club d'oenophiles, avec comme thème, je vous le donne en mille... le terroir. Mais je cède la parole à Youri.
Qu’est-ce que le Terroir? C’est un des termes les plus difficiles à définir - au même titre que l’Amour. Eternel débat dans le monde du vin et de la dégustation. De manière cartésienne, le Terroir est l’adéquation entre le sol, la vigne et le climat. Tout cela serait très simple, mais alors comment expliquer la production de vins médiocres sur des grands terroirs et de grands vins sur des terroirs qui le sont moins? C’est là qu’intervient le vigneron ; qui aura une influence sur le sol (labours, herbicides, …), sur la vigne (taille, rendement, …) et jusqu’à ce jour pas encore sur le climat, quoique l’irrigation est permise dans certains pays et que l’imagination humaine n’a pas de limite. Ensuite interviendront la vinification et l’élevage, qui gommera ou transcendera le terroir originel, tout dépend du point de vue.
Au travers de cette dégustation, nous avons exploré différentes expressions du terroir. Nous avons débuté la soirée avec le Vin de Savoir Marin Clos de Pont du domaine Delalex, qui nous a offert une belle expression minérale et saline du Chasselas. Pour suivre nous avons exploré l’Alsace et le Riesling au travers de 3 crus et de 3 propriétaires sur le millésime 1995. Le Brand de Josmeyer était ample, mais manquait un peu de profondeur et de complexité. C’est sans conteste le Clos Saint-Hune de Trimbach qui nous a offert l’expression la plus minérale et la plus pure du Riesling (La plus marquée par le terroir, diront certains). Le Rangen de Thann de Zind Humbrecht fut le plus controversé, trop vinifié pour certains, trop jeune pour d’autres.
En rouge, nous avons commencé par 3 vin issus du terroir d’Aniane, sur le millésime 1998, un bel exemple de l’influence du vigneron sur le terroir originel ; au départ d’un même millésime, sur la même commune, la manière d’assembler, de vinifier et d’élever aura donné trois vins diamétralement opposés. De loin le Domaine de Grange des Pères a dominé les débats avec un vin suave, élégant et harmonieux. À l’inverse le Mas de Daumas Gassac était dur, austère, quasi imbuvable tant la charge tannique était importante. Le Plos des Baumes, du Domaine d’Aupilhac, bien qu’également très tannique, apparaissait plus harmonieux et les tannins plus enrobés.
Ensuite, nous nous sommes rendus en Italie pour une exploration de 3 terroirs au travers de 3 vinificateurs. Débat houleux autour du premier vin, le Vino Nobile de Montepulciano Grandi Annate 2006 d’Avignonesi, expression superbe de l’élégance du Sangiovese pour les uns, vin fabriqué pour les autres. Le Valpolicella Classico 2003 de Romano Dal Forno, bien que plus élevé, apparaît suave et équilibré, belle expression du potentiel de cette appellation souvent décriée. Pour terminer, le Toscana Vigna l’Apparita 2006 de Castello di Ama, un 100 % Merlot sur le terroir de Chianti, est apparu trop jeune et masqué par le bois actuellement, mais semble posséder un solide potentiel d’évolution.
Pour terminer, avec 3 vins oxydatifs, du domaine Macle, issus du terroir de Château Chalon, mais en appellation Côtes du Jura, assemblage de 80 % Chardonnay et 20 % Savagnin. Le 2007 allie jeunesse de fruit et tension, le 2001 est plus minéral et concentré, le 1998 est de loin le vin le plus complexe et le plus long.
Au cours de cette dégustation, nous n’avons pas trouvé de réponse à notre question initiale. Finalement le Terroir ne serait-il pas simplement l’Amour du bon vin ?
Le Classement des 14 vins dégustés
1. Vin de Pays de l'Hérault Domaine de la Grange des Pères 1998 17,50/20
2. Alsace Riesling Clos Sainte-Hune 1995 Domaine Trimbach 17,22/20
3. Côtes du Jura 1998 Domaine Macle 16,36/20
4. Côtes du Jura 2001 Domaine Macle 16,07/20
5. Vin de Pays de l'Hérault Les Plôs des Baumes 1998 Domaine d'Aupilhac 15,75/20
6. Alsace Grand Cru Rangen de Thann Clos Saint-Urbain Riesling 1995 Domaine Zind-Humbrecht 15,72/20
7. Valpolicella Classico Superiore 2003 Romano Dal Forno 15,56/20
8. Alsace Grand Cru Brand Riesling 1995 Domaine Josmeyer 15,50/20
9. Côtes du Jura 2007 Domaine Macle 15,36/20
10. Vino Nobile de Montepulciano Grandi Annate 2006 Avignonesi 14,81/20
11. Toscana Vigna l’Apparita 2006 Castello di Ama 14,43/20
12. Vin de Savoie Marin Clos de Pont 2009 Domaine Delalex 14,25/20
13. Vin de Pays de l'Hérault Mas Daumas Gassac 1998 13,00/20
Youri Sokolow
00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Italie, Jura, Languedoc, Midi, Savoie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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30 septembre 2011
69.970 exploitations viticoles en France
C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.
Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.
Deux petits commentaires de mon cru:
1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.
2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.
Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.
La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.
J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.
00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Midi, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, économie, surface, france, rentabilité |
21 septembre 2011
Mais il y a aussi des raisins sains...
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit dans le billet précédent, il y a des raisins sains aussi, comme le prouvent ces photos que m'adresse gentiment Philippe Durst, un ami alsacien. Parce qu'il y a aussi des vignerons plus soigneux que d'autres...
Pas folle, la guêpe!

Merci, Philippe!
10:23 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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Vendanges 2011: l'année de la pourriture?
Je ne parle pas de la pourriture noble, celle que le Sauternais appelle de ses voeux (enfin, les vignerons les plus traditionnels, ceux qui ne cryogénisent pas). Non, je pense à la pourriture grise, à celle qu'un été pourri - c'est le cas de le dire - a laissé se développer un peu partout en France. Même dans le Sud (à part le Roussillon et la Corse, peut-être).
Pourri de chez pourri
Les sauvignons, à Bordeaux, sont particulièrement touchés. De même que les pinots et le chardonnay de Champagne - c'est Francis Boulard qui nous le dit. Les sauvignons de Touraine et du Sancerrois ne sont pas épargnés: les élèves du Lycée agricole de Cosne parlent d'un état sanitaire moyen (bel euphémisme). Les cabernets francs de Bourgueil et de chinon ne sont pas mieux lotis.
Et les chenins du Saumurois ou du Layon ont parfois grise mine. De même que les Gamay du Beaujolais ou les blancs d'Alsace.
Ici ou là, on nous dit que les foyers sont contenus. Pardonnez ma naïveté: je pensais qu'on ne pouvait plus traiter les vignes aussi près de la récolte... et il pleut toujours, après quelques épisodes de canicule, tout ce que le botrytis aime bien...
Tout ceci a incité plus d'un vigneron à avancer les vendanges sur les cépages les plus touchés. En Champagne, par exemple. Bonjour les maturités! Bonjour la qualité, aussi: vert et pourri à la fois, il faudra de bons oenologues pour gommer ça. A Bordeaux aussi, il y a des cagettes qui font peur. Même Madame Osmose ne devrait pas suffire à rendre ça "vinifiable"...
La meilleure solution (mais aussi la plus coûteuse, sans doute), c'est plutôt la table de tri. Elle n'est malheureusement pas obligatoire. On frémit à l'idée que certains raisins non triés pourraient finir en AOC... Espérons que le contrôle qualité aval fonctionne...
Seuls endroits vraiment épargnés, pour l'instant: les services communication des interprofessions. Là, on ne trouve aucune trace de pourriture - ou alors, sous contrôle, totalement sous contrôle.
Laissons leur quelques jours encore, et on aura droit aux fadaises habituelles d'après vendange: "millésime classique", "millésime de vigneron"... peut-être même, par endroits, "exceptionnel." L'effet terroir, les micro-climats, sans doute...
Le marketing viticole, c'est un peu la vie rêvée des bisounours. On y applique volontiers la méthode Coué: "Vous ne dites pas que c'est pourri, donc ce n'est pas pourri." Et à la dégustation? "N'anticipons pas, il sera toujours temps d'en parler à ce moment-là. Quand tu vends ta voiture, dans les petites annonces, tu n'es pas obligé de dire que les pneues sont déjà presque lisses."
Pourtant, à mon sens, toute vérité est bonne à dire. Les Français ont encore à l'esprit la pluie des derniers mois, ils auraient du mal à avaler de nouveaux communiqués de victoire! Pour être crédible quand c'est vraiment bon, il faut pouvoir dire quand c'est moins bien.
Amis vignerons, si je caricature, si c'est mieux chez vous, tant mieux, et n'hésitez pas à me le faire savoir!
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Luxembourg, Midi, Pour rire, Provence, Roussillon, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : vin, vignoble, botrytis, pourriture, millésime 2011 |
14 septembre 2011
Pour en finir avec la guidite chronique
Vous ne concevez pas de vivre la rentrée sans le dernier Goncourt, ni sans un bon guide d'achat des vins?
Ne vous inquiétez pas. C'est moins grave que la maladie de Jacques Chirac. Et surtout, c'est beaucoup plus répandu, alors les labos investissent; ils vont bien finir par trouver un traitement.
En attendant, vous pouvez au moins éviter d'acheter le mauvais guide. Vous n'avez qu'à aller sur le site du Vindicateur. Il fait un tri.
C'est ICI et j'adore.

Juste un petit commentaire.
Le taulier du site, Antonin Iommi-Amunategui, se pose la question de sa légitimité de commentateur.
Ne te la pose plus, Antonin! Est-ce que les éditeurs et les auteurs de ces guides se la posent? Et qui osera me dire qu'il n'a jamais été déçu par une sélection du Guide Hachette, du Bettane et Desseauve ou du Guide de la RVF?
Allons, tout ce qui est humain est faillible et plein d'irrationnel.
Alors continue, Antonin. Même si ça ne fait pas vendre un guide de moins, vu qu'ils sont posés près des caisses de grand crus au Coraffour, au Pasclerc, à l'Interfâché ou au Minus Casimmo, cette semaine, ton oeuvre aura au moins fait un heureux: moi.
Grâce à toi, j'ai trouvé le courage de ne pas en acheter. Même si je n'en dégoûte pas les autres. C'est qu'il y a du boulot, derrière tout ça! Et de l'argent, aussi.
A Sierre, il y a quelques jours, j'ai reçu le Guide Vinea des Vins Suisses. Ca me suffit pour le moment.
En plus, c'est très économique: comme les vins qui y sont mis en avant ne sont pas vendus chez moi, je ne suis pas tenté d'acheter!
Mais tout à coup, j'ai comme un doute.
Et si tout ça n'était qu'une vaste supercherie, une sorte de Matrix du vin? Les guides commenteraient (très bien) des vins qui n'existeraient pas (un peu comme pour les Primeurs), et nous on commenterait les commentaires.
Ah, au fait, pour le Goncourt, je ne peux rien faire. C'est à vous de voir.
09:21 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Charentes, Corse, France, Jura, Languedoc, Loire, Luxembourg, Midi, Pour rire, Provence, Rhône, Roussillon, Sud-Ouest, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : guide de vins, vin, matrix |
03 septembre 2011
La vendange en Alsace
Si les vendanges pour les Crémants ont déjà débuté le 25 août, pour les vins tranquilles, ce sera le 7 septembre. Soit une semaine plus tôt qu'en 2010, malgré un été en demi-teintes. On commencera avec les pinots, les autres cépages devraient suivre une semaine plus tard.
Selon l'Association des Viticulteurs d'Alsace, la production devrait etre de l'ordre de 1.100.000 hectolitres, (contre 911.000 hl en 2010, qui était une petite année). On est donc dans la bonne moyenne.
Qualitativement, les viticulteurs alsaciens annoncent déjà un excellent millésime. Attendre et boire...
12:20 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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23 juillet 2011
Les algues vertes, les nitrates, les pesticides, la faute à personne?
Nicolas Sarkozy, de passage en Bretagne, "se refuse à montrer du doigt les agriculteurs" dans le dossier des algues vertes. Il fustige même les "intégristes" (comprenez, ceux des écologistes qui ne pratiquent pas le consensus FNSEA).
Le Monde consacre un article à cette problématique. Le journal donne la parole à un directeur de l'Ifremer - un office public, censé faire profiter l'Etat, et donc le Chef de l'Etat, de ses recherches. Les conclusions de ses travaux sont sans appel: les agriculteurs sont bien à l'origine des algues vertes. Manifestement, ces conclusions-là (qui datent pourtant de 2009), ne sont pas remontées jusqu'au Président.
A qui la faute? L'Ifremer le sait, mais pas le président.
Il y aurait-il aussi des algues vertes dans les fibres optiques? Ou bien les élections à venir auraient-elles brouillé le jugement de nos politiques?
Et pour la version ad usum agricolis ICI. Evidemment, ce dernier article, c'est la version Ouest France. Pas vraiment le relai des 'intégristes" verts. Circulez, il n'y a rien à voir. Et n'empêchez surtout pas les touristes de venir sur nos belles plages bretonnes. Enfin, celles qu'on a eu le temps de nettoyer.
Moi, je ne qualifierais pas d'intégriste, mais j'aimerais bien quand même qu'on dénitrate la Bretagne.
Et aussi l'Alsace. Là, n'en déplaise à M. Sarkozy, ce sont les vignerons qui sont directement "montrés du doigt" par les scientifiques de l'université Louis Pasteur de Strasbourg.
Et puis, pour rester dans les régions viticoles, je voudrais bien aussi qu'on dépesticide la Champagne. Et qu'on désarsenique-nique le Beaujolais.
Bref, qu'on arrête de nous prendre pour des c... - je veux dire, pour des électeurs, et qu'on règle les problèmes quand ils se posent, sans états d'âme.
Au fait, mesdames et messieurs des interprofessions viticoles, merci de mettre une sourdine à vos bilans carbone et au "consommer local" - quand Bordeaux envoie ses grands crus à Los Angeles, son "empreinte" est-elle plus favorable que quand les Australiens ou les Chiliens envoient leurs vins en Europe?
C'est sans doute très intéressant, le carbone; mais le désempoisonnement de vos vignes, et donc, de nos nappes phréatiques me semble beaucoup plus urgent. Allo? Allo?
17:56 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Beaujolais, Bordeaux, Champagne, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : eécologie, algues vertes, notrates, pesticides, vin, vignoble, bretagne, alsace, beaujolais, champagne |
Dernières nouvelles d'Alsace
Sans aucune vergogne, je profite d'un petit mail d'un ami alsacien, Philippe Durst (Dopff Au Moulin) pour vous donner quelques nouvelles d'Alsace.
"Ici, la pluie ça va, tout est vert (c'est sûr, même si on annonçait du précoce, cela n'aura rien à voir avec le caniculaire millésime 2003). Et puis il fait frais donc on ne risque pas l'explosive combinaison de 2006: châleur + pluie = pourriture grise...
Merci, Philippe. Voila qui nous rappelle fort à propos que les communiqués "définitifs" à propos de la précocité des millésimes... ne devraient pas s'écrire en mai.
Vert, le vignoble alsacien en ce mois de juillet (photo Ph. Durst)
00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : alsace, vin, vignoble, précocité, millésime |


