17 novembre 2015

Grands Crus de l'Ouest... algérien

Les Grands Vins de L'Ouest sont une des rares sociétés privées à élaborer du vin en Algérie, un pays dont la viticulture - bien diminuée depuis l'indépendance - reste dominée par l'Etat et souffre d'un déficit de promotion.

Comme son nom l'indique, cette société se trouve dans l'Ouest du pays, principalement dans l'Oranais.

J'ai récemment pu déguster deux de ses vins: le Koutoubia et le Saint Augustin.

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Sous le patronage d'Augustin, saint chrétien d'Algérie photo (c) H. Lalau 2015)

D'abord, il faut saluer le travail oenologique: ces vins sont nets, purs, sans défaut. Ils ont même un dénominateur commun, une sorte de signature: des épices bien sympathiques. Une pointe de fumée, du cuir, aussi. Sans oublier cet élément de terroir... céleste: un côté solaire (même si le taux d'alcool affiché ne dépasse pas 13%).

J'ai préféré le Saint Augustin (appellation Monts du Tessala), qui m'a semblé le plus fin; des tannins bien lisses, quelques notes de menthol et d'encens, un côté aérien, plus une pointe de cassis, c'est de la belle ouvrage!

Le Koutoubia m'a laissé un peu plus sur ma faim... d'arômes. Il ne lui manque pourtant pas grand chose pour qu'il passe du côté fruité de la force. La puissance, il l'a. J'aimerais un peu plus de vivacité. Une question de matière première? Je me demande ce qu'apporterait un peu de Syrah dans l'assemblage, par exemple?

Dans le premier vin, j'ai trouvé un produit fini, et bien fini. Dans le second, plutôt un avenir. A regoûter l'année prochaine?

En tout cas, la preuve que l'Algérie reste potentiellement un pays de vin.

Plus d'info: contact@gco-dz.com ou divipro@orange.fr

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Algérie | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

05 janvier 2015

Rien à voir avec le vin: la mort de René Vautier

Pour la mort de René Vautier (réalisateur du film "Avoir 20 ans dans les Aurès"), quelques journaux saluent la mémoire du cinéaste combattant. 

D'aucuns rappellent qu'il a "participé à la lutte du peuple algérien pour son indépendance", qu'il était passé du "côté des colonisés".

Avec tout le respect dû au peuple algérien, je ne peux approuver qu'un Français ait participé à des actions contre l'armée de la France en guerre. 

Armée dans laquelle, et c'est un détail pour l'histoire, mais pas pour moi, deux de mes parents ont servi en Algérie - non loin des Aurès, pour l'un d'entre eux. Entre Bône et Tebessa, si je me rappelle bien. 

On ne leur avait pas demandé leur avis; ils se sont battus pour une cause qu'on leur disait juste et sans se déshonorer. Sans que leur parcours, que j'ai eu l'occasion d'entendre évoquer en famille, ne corresponde en rien à l'image donnée par "Avoir 20 ans dans les Aurès". C'est là la limite du cinéma engagé, je suppose.

M. Vautier avait choisi son camp, nous dit-on. Dans une belle unanimité, Le Figaro, Le Monde, Libération évoquent le communiste, le résistant, le rebelle, le grand homme.

La ministre de la culture de la République française, Fleur Pellerin a rendu hommage à un "cinéaste sans concessions". Le Matin d'Alger, lui, salue "le militant des causes justes", le "chaoui breton" qui parlait déjà de la nation algérienne... en 1954. 

Moi qui suis né le jour du vote sur l'indépendance, et qui n'ai donc aucune nostalgie pour une Algérie que je n'ai jamais connue française, moi qui n'ai aucune sympathie pour l'oppression, ni pour les partis extrêmes, ce concert de louanges me laisse un goût amer.

Fier jusqu'au bout de ses actions en Algérie, Vautier le militant se moquait bien de ne pas faire l'unanimité; alors avec moi, il sera servi. 

15:54 Écrit par Hervé Lalau dans Algérie, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |